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28 août 2003
Pollution et canicule :
lettre de Philippe Sanmarco à Jean-Claude Gaudin

Nous en sommes au 55e jour de pollution et aucune autorité ne réagit.
La circulation automobile reste identique, avec ses pollutions aggravées par la canicule.
Marseille est au plan national une des villes qui respire le plus mal.
Nous payons très cher la priorité donnée à l’automobile.
Or, les scientifiques ont démontré l’incidence de l’automobile sur la pollution et donc sur l’effet de serre et les changements climatiques.
Marseille vit encore sur des schémas du siècle passé avec un nombre de rues piétonnes parmi les plus faibles des grandes villes européennes, avec un afflux quotidien de véhicules insupportable, avec des accès ferroviaires inadaptés, des transports intra-urbains chers et sous-utilisés.
Les élus de la Convention citoyenne tirent la sonnette d’alarme : si rien n’est fait, la situation ne peut que s’aggraver et notre cité apporte une triste contribution aux dérèglements climatiques mondiaux.
Aussi, le groupe des élus de la Convention citoyenne demande au maire de Marseille et au président de la communauté urbaine.

  • De mettre ce problème à l’ordre du jour du prochain conseil municipal
  • De réaliser un audit environnemental de Marseille confié à des personnalités scientifiques de renom ayant pour objectif de mesurer les impacts sur la qualité de l’air et sur le climat des différents équipements publics et privés, collectifs et individuels et de la circulation automobile sur la qualité de l’air.
  • D’engager un véritable plan de sauvegarde de l’air à Marseille en mobilisant tous les acteurs : associations, entreprises, institutions et communauté scientifique.
    Nous sommes face à un défi qui est planétaire, mais nous ne devons pas attendre les solutions d’ailleurs. Nous devons au niveau de nos responsabilités, au niveau de notre cité prendre toutes les mesures pour que nos enfants puissent simplement respirer.
Marseille, le 28 Août 2003

Monsieur le Maire,

Les récents évènements ont sensibilisé nos concitoyens aux conséquences de l'évolution climatique. En même temps, ceux-ci ne perçoivent pas ce qu'ils peuvent faire pour enrayer un processus inquiétant. Un sentiment d'impuissance et de fatalité se dégage alors qu'il convient au contraire de réagir. C'est la raison pour laquelle il me paraît opportun que, sous votre autorité, se constitue rapidement une commission spéciale chargée de comprendre ce dont il s'agit et de recenser les réponses possibles à notre niveau, communal ou communautaire, sans tout attendre des grands accords internationaux.

Dans le cadre de mes activités professionnelles, j'ai eu l'occasion de travailler ces questions complexes. Si vous reteniez ma suggestion, je serais prêt à vous apporter mon concours et mon expérience en participant à l'animation d'un comité de pilotage.

Il conviendrait dans un premier temps de demander à un panel d'experts indépendants de nous dire l'état des connaissances.
Dans un deuxième temps, nous pourrions approfondir la dynamique propre aux grandes villes afin de mieux appréhender les conséquences de leur fonctionnement dans l'émission de gaz à effet de serre.
Enfin, nous recenserions les possibilités d'action relevant des responsables locaux.

En aucun cas il ne doit s'agir d'un outil politicien pour accuser les uns ou défendre les autres. Il s'agit sereinement d'éclairer les décideurs publics du contenu d'un enjeu nouveau pour nous tous. La transparence des travaux et l'implication de la société civile permettraient en outre que nos concitoyens soient témoins d'une mobilisation à laquelle ils pourraient mieux s'associer personnellement. Une déclaration solennelle de votre part lors d'un prochain conseil municipal serait l'occasion du lancement de cette initiative.

En vous remerciant de l'attention que vous accorderez à cette proposition, je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en mes sentiments distingués.

Philippe SANMARCO

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