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La marseillaise - 23/02/2010 - Par Benoît Gilles
La ville aime ses taudis

Centre-ville. En fin d’année, la Municipalité a acquis une partie du patrimoine de Marseille Aménagement. Parmi ces immeubles, certains lui appartenaient déjà par le passé.
Depuis le 31 décembre 2009, le PRI n’est plus. Géré par Marseille Aménagement, la concession de ce Périmètre de restauration immobilière (PRI) a été en effet clôturée en fin d’année. Désormais, ce n’est plus la Société d’économie mixte (SEM) de la Ville qui gère la rénovation urbaine de l’hyper centre.
Mais, comme nous le révélions la semaine dernière (La Marseillaise, du 17 février), en mettant fin à la concession, la Ville se trouve avec un stock d’immeubles que la SEM a acquis soit par simple cession amiable, soit par voie d’expropriation. Un temps, la Ville a tenté de les revendre à son autre SEM, Marseille Habitat, qui s’est révélée… peu tentée.
C’est donc la Ville elle-même qui s’est portée acquéreuse d’une centaine de logements, de deux terrains et de treize immeubles essentiellement à Belsunce et Noailles pour un montant global de 6,1 millions d’euros.
Or, une partie de ce patrimoine avait déjà été propriété de la Ville qui l’a elle-même revendue à Marseille Aménagement avant de lui racheter les mêmes immeubles aujourd’hui.
Au sein de ce patrimoine, il y a des exemples vertueux comme cet hôtel du 11, rue des Petites Maries qui a été rénové et transformé en résidence sociale gérée par Adoma. Que la Ville en redevienne propriétaire n’a rien de choquant…
Taudis cherchent preneurs Il y a des exemples moins vertueux : ainsi l’immeuble du 15, rue de la Fare, présente une façade très abîmée aux fenêtres murées. D’après nos informations, ce bien serait passé entre les mains de la Ville, puis de Marseille Habitat avant d’atterrir dans le giron de Marseille Aménagement. Celle-ci l’a gardé 10 ans sans le rénover avant de le vendre à nouveau à la Ville de Marseille.
Dans le document municipal que nous avons pu consulter, Marseille Habitat apparaît encore plus fréquemment. Dans ce cas précis, le tour de passe-passe n’a rien d’illogique. Longtemps, cette SEM a géré le Périmètre de restauration immobilière, notamment au Panier.
Ce qui paraît moins logique, c’est de constater que la quasi-totalité des biens acquis par la Ville n’a pas été rénovée par Marseille Aménagement dont c’était la mission. Au 16, place des Capucins, à Noailles, le gérant de l’hôtel meublé décati ne sait rien du changement de propriétaire des murs. « Je suis au tribunal avec Marseille Aménagement, plaide Méhand Hachora. Ils veulent me racheter le fonds de commerce mais on n’est pas d’accord sur le prix. Depuis un an, plus de nouvelles. »
Pas sûr que la SEM soit encore intéressée par ce rachat. Quoique…

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