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Par Pierre Delaire (12/2006)
Incinerateur : assez de temps perdu

Depuis un siècle les ordures ménagères de Marseille et de quelques communes périphériques sont acheminées à Entressen, petite commune à l’ouest du département des Bouches du Rhône.
Une gigantesque décharge à ciel ouvert s’y est développée, vers laquelle sont acheminées tous les jours par trains entiers des milliers de tonnes de déchets.
Malgré des précautions multiples, l’atteinte à l’environnement n’a pas pu être évitée.

Depuis les années 70 la municipalité de Marseille, consciente de sa responsabilité, a cherché à régler ce problème. Mais elle a considéré longtemps que l’incinération n’était pas une technique fiable : il n’y avait pas d’autre solution que d’améliorer le fonctionnement de la décharge d’Entressen.

L’Union européenne interdît finalement ce type de décharges. Celle d’Entressen devait être fermée en 2002.

Au début des années 90, R.Vigouroux, ancien Médecin des Hôpitaux, alors Maire de Marseille, considéra que les nouvelles générations d’incinérateurs ne présentaient plus de danger et décida d’en construire deux sur la commune de Marseille. Le tollé des élus et des populations des territoires concernés fut immédiat.

Avec l’arrivée de JC. Gaudin aux fonctions de Maire de Marseille en 1995, un premier incinérateur fut abandonné, puis le second. La décharge d’Entressen devait donc continuer à fonctionner.

C’est Lucien Weygand, alors président du Conseil Général, qui reprit l’initiative en procédant à la mise au point d’un schéma départemental. A peine élaboré celui-ci fut attaqué en Justice pour des motifs divers et annulé. Le temps passait sans qu’une solution quelconque, incinérateur ou pas, ne permette la fermeture d’Entressen.

Devant cette paralysie, l’Union Européenne exigea le respect d’un délai sous peine de sanctions.

A partir du deuxième mandat de JC. Gaudin, la Communauté Urbaine Marseille-Provence-Métropole (MPM), désormais compétente à la place de la Municipalité de Marseille, reprit l’affaire et considéra que le seul endroit possible pour la construction d’un incinérateur suffisamment éloigné de toute zone habitée était un terrain dont elle s’était rendue propriétaire sur la zone industrielle de Fos.

Bien évidement les élus de Fos et des communes voisines s’y opposèrent. Mais légalement elles n’avaient aucun pouvoir et le projet de construction d’un incinérateur fit l’objet d’un marché de concession de service public organisé par MPM.

C’est alors que le Conseil Général entreprit de relancer un programme départemental excluant tout recours à l’incinération et prévoyant divers lieux d’enfouissement des déchets. Bien évidement la dimension politique prit le dessus, avec ses éternelles rivalités.
Bouquet final : les élus Verts proposent désormais de maintenir en fonction la décharge d’Entressen !

Malgré d’incessantes batailles de procédure, nous en sommes là et le projet d’incinérateur avance.

Après tant d’années perdues, que peut-on en penser ?

1-Lorsque qu’on reproche aux élus de MPM de vouloir transférer les déchets hors de leur territoire, on oublie que c’est le cas depuis un siècle. Il n’y a donc là rien de nouveau.
2-Ceux des élus qui se sont tant opposés à la réalisation d’incinérateurs dans Marseille sont mal venus aujourd’hui de se plaindre.
3-Lorsque les élus des communes concernées se plaignent de n’avoir pas été consultés, ils ont raison. Mais cette pauvreté de la démocratie française est hélas banale. Les enquêtes publiques sont le plus souvent de simples faire-valoir. Il aurait fallu dans ce cas faire appel à la Commission Nationale du Débat Public. C’est ce qu’avait proposé la Convention Citoyenne, en vain.
4-Au demeurant, n’exagérons pas cette question de la territorialité sinon de quelle France parle-t-on ? Certainement pas de la « République une et indivisible » ! Les découpages territoriaux ne correspondent plus à la réalité contemporaine. Avec nos 36000 communes nous en avons autant que dans l’Europe à quinze ! Une vraie réforme aurait depuis longtemps remédié à cela en créant de grands ensembles élus au suffrage universel direct au lieu de nos pauvres regroupements étriqués, où Aix et Marseille continuent de se tourner le dos. Si les révolutionnaires de 1789 avaient raisonné comme certains aujourd’hui, on aurait encore le découpage de l’Ancien Régime.
5-Marseille et Fos font partie d’un même ensemble socio-économique dont personne ne se plaint lorsqu’il s’agit du port et des taxes professionnelles formidables que l’extension du port de Marseille à Fos a générées dans cette dernière ville et autour.
6-Par contre les marseillais, et pas seulement eux, respirent tous les jours la pollution provenant des usines de la zone de Fos.
7-Or l’argument de la santé est en effet à prendre en compte. Certains affirment à ce sujet que les incinérateurs restent dangereux. En respectant leur bonne foi on peut s’interroger sur leur motivation. Car il vrai que les incinérateurs ont longtemps rejeté des produits toxiques. C’est bien pour cela que la Municipalité de Marseille avait longtemps refusé cette technique et avait modernisé la décharge d’Entressen. Mais les normes européennes extrêmement sévères sont maintenant opérationnelles. Et dans ce cas, une commission d’experts scientifiques indépendants affirme que tout danger est écarté. Alors sur quelle base continuer à mettre en avant le risque sanitaire ? Sinon sur des peurs irraisonnées.

Bref, beaucoup de temps a été perdu. L’inertie du système politique a une fois encore empêché de régler un problème urgent.

PROPOSITION

Une solution est maintenant possible. Contrairement aux vaines polémiques politiciennes, elle n’est pas contradictoire avec le projet départemental car l’enjeu est immense et il sera nécessaire d’additionner le projet d’incinérateur de MPM et les sites d’enfouissement proposés par le Conseil Général. Encore que ce dernier, n’en doutons pas, rencontrera les mêmes oppositions quand il s’agira de dire exactement où seront situés ces centres d’enfouissement avec la noria de camions qu’ils vont générer.

Evitons donc le débat, stérile : l’incinérateur ou rien. Et posons quelques lignes directrices claires :
 
- l'incinération doit être soumise aux normes impératives des ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement). Ceci n’est évidement pas négociable.
 - l'incinérateur doit produire de l'énergie.
 - l'installation d'un incinérateur ne se fait pas au détriment du tri sélectif. Car si une partie des déchets est valorisée (énergie) et va à l'incinérateur, une deuxième est recyclée : les déchets ultimes, polluants si brulés, continueront à être enfouis.
 - ceci implique le maintien d’une ou plusieurs décharges classiques d'enfouissement contrôlé et la mise en place d'un tri à la source (les habitants) plus d’un second tri à la réception (service MPM)
 
 L’incinérateur n'est donc qu'un élément d'une politique responsable de collecte, de traitement de déchets, de leur valorisation. Politique simultanée de la protection des individus et de leur environnement, immédiat et futur.
 
A l’heure actuelle aucun de ces objectifs n’est rempli ni par MPM ou la Ville de Marseille, ni par la Ville de Fos et les communes voisines.
 
Pour conclure, disons les choses brutalement : si demain par des manœuvres dilatoires le projet d’incinérateur de MPM était bloqué, ce n’est pas le Maire de Marseille qui s’en plaindra tant ce dossier est difficile et impopulaire. Rien ne pourra lui être désormais reproché.
Dans ces conditions qui sont ses alliés objectifs ? Qui sont les partisans de l’éternel statu quo qui pénalise tant notre ville ?

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