Convention citoyenne
Philippe San Marco sur
Débats citoyens


Une enquête du Ravi - 06/03/2012

Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille



Jeudi 9 février 2012, premier jour du congrès Force Ouvrière territoriaux. Les délégués dusyndicat ultramajoritaire à Marseille (6 500 adhérents chez les quelque 16 000 agents de la ville et de la communauté urbaine) viennent de se choisir un nouveau « vice-roi » pourremplacer l'ancien, Élie-Claude Argy rattrapé par ses dérives et l'affaire Guérini.

En fin d'après-midi, le sénateur et maire UMP, Jean-Claude Gaudin, régale ses «amis» de
FO dans le hall du conseil municipal. Le discours du tout nouveau secrétaire général,
Patrick Rué, fait l'effet d'une douche froide après plus d’un demi-siècle de cogestion entre
FO et la ville. «Une revendication a émergé : notre indépendance syndicale, lance-t-il au
maire. Lors de vos vœux, vous avez rappelé que vous êtes le patron. Nous voulons
vraiment un patron, un patron qui gère : c'est vous qui dites oui ou non.» Un responsable
syndical qui réinstalle sur son fauteuil de décideur le maire de la deuxième ville de France,
la scène mérite un petit éclairage.

À Marseille, les syndicats règnent à tour de rôle, FO à la ville, la CGT sur le port, mais ne
se font pas de concurrence. À son arrivée à la mairie en 1953, le socialiste Gaston Defferre
avait installé la CGT-FO comme son interlocuteur unique, pour faire contrepoids aux
communistes de la CGT. FO assure la paix sociale (et éventuellement quelques bataillons06/03/12 
de colleurs d’affiches lors des campagnes) en échange d’une mainmise sur les
embauches et les promotions de la Ville.
Le patron de FO de l’époque, François Moscati, un ancien éboueur, se souvient qu’il était
reçu par Gaston Defferre tous les samedis «sans rendez-vous», passant même devant les
adjoints au maire. «Je prévenais l’huissier et j’entrais avec mes dix revendications sous le
bras, sourit-il. Ça pouvait durer vingt minutes, une heure ou plus, mais elles étaient
toujours accordées.»
Si aujourd’hui Jean-Claude Gaudin ne reçoit plus le secrétaire général de FO qu’une fois
par an, jure son directeur général des services, le système a perduré, au grand dam des
autres syndicats. «La négociation, qui du temps de Gaston Defferre était relativement
équilibrée, car le maire avait une poigne de fer, est devenue malsaine avec des demandes
de plus en plus extravagantes de FO», juge un ancien haut fonctionnaire de la
communauté urbaine, qui a préféré garder l’anonymat.
La communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), créée en 2000, n’a fait que
répliquer le système. Propulsé par surprise à sa tête en 2008, le président PS, Eugène
Caselli, s’est dépêché de remballer les promesses de réforme du fini-parti et de s’appuyer
sur les réseaux en place sous la pression du duo Argy-Alexandre Guérini. Son directeur
adjoint de la propreté, Michel Karabadjakian, un cadre FO depuis mis en examen dans
l’affaire des marchés truqués, lui fut même imposé par Elie-Claude Argy et Alexandre
Guérini.
L'histoire est connue et fait désormais partie du patrimoine de la ville, au même titre que
Notre-Dame de la Garde ou le Palais Longchamp. À une différence de taille : les bâtiments
marseillais sont plus faciles à rénover que la cogestion locale. «FO arrive à ses limites,
mais on ne sort pas comme ça de 42 années de Defferre, rétorque Bruno Gilles, sénateur
et maire UMP des 4e et 5e arrondissements de Marseille. Regardez d’où on vient : Gaston
Defferre faisait la commission administrative paritaire (qui décide des nominations - ndlr)
seul dans son bureau avec son directeur de cabinet et les responsables FO. Ils
s’enfermaient plusieurs heures et pointaient tous les mecs : ceux qui étaient militants du
PS, ceux qui étaient bien encartés FO, etc. C’était pire que du clientélisme FO ! »
Mort en 1986, Gaston a le dos large… «Parler d’un homme mort il y a trente ans !, s’énerve
Philippe Sanmarco, son ancien secrétaire général, aujourd’hui vice-président de la
Convention citoyenne de MPM. C’est visiblement un héritage sacré et maudit pour des
gens qui ne prennent pas leurs responsabilités. Les politiques ont abandonné leur rôle.»
Même constat de l’élu socialiste Michel Pezet : «FO a occupé l’espace que les politiques
lui ont laissé.» FO Territoriaux, la ville et la communauté urbaine ont même pendant
longtemps partagé le même avocat, Me Olivier Grimaldi (par ailleurs également ancien
conseil d’Alexandre Guérini et des groupes de supporteurs de l’OM).

Bien que très habiles à faire revenir les morts à leur convenance, élus et responsables
syndicaux ont dû adapter le système. Entre le non-remplacement d’un départ en retraite
sur quatre à la ville et la mise en place de concours pour la plupart des emplois, la source
du clientélisme s’est tarie.
En cinq ans, Marseille aurait perdu près d’un millier d’agents (11 500 employés en 2011).
Sur 300 embauches par an à la Ville, selon Jean-Claude Gondard, quelque 200
concernent des postes de catégorie C (principalement dans les écoles), où les
recommandations peuvent jouer. «Les demandes de FO ne sont pas privilégiées, elles
alimentent le système, comme tout le monde, pas plus qu’un élu», assure le directeur
général des services.
Le dernier gros recrutement, cent policiers municipaux fin 2011, tendrait à confirmer les
propos. «Beaucoup d’enfants et de parents d’élus ont été recalés», note un peu surpris
Pierre Godard, porte-parole du SDU FSU 13. «Il reste honnêtement les yeux pour pleurer»,
regrette presque Bruno Gilles. Patrick Rué abonde : «Le seul filon à Marseille, ce sont les
écoles. Mais c’est un parcours du combattant, on commence avec deux heures de
vacation par semaine et, après six ans, on peut espérer avoir un poste. Allez proposer ça à
quelqu’un !» Les deux ne sont pas complètement à plaindre : le premier avoue encore
«vingt à trente» recrutements par an pour les politiques, le second «deux ou trois» pour
son syndicat. Ce que récusent ses adversaires syndicaux.
Une misère, si l'on se réfère au passé, sur lequel les responsables se montrent beaucoup
plus diserts. «On ne va pas se cacher qu’avant il y a eu de gros recrutements, raconte ainsi
un élu UMP. Par exemple, en décembre 2000, la ville recrute 200 cantonniers d’un coup
pour les élections municipales à venir. Une vraie goinfrerie avec une belle répartition : un
peu Gaudin, un peu Muselier, un peu FO, etc. Tous des fils d’agents, des fils de ceci cela,
recrutés par piston.» Pour une histoire similaire racontée dans Gouverner Marseille, publié
en 2006 par le sociologue Michel Peraldi et le journaliste Michel Samson, Bruno Gilles
avait gagné la postérité.
En revanche, FO garde un vrai pouvoir sur les nominations. «C’est simple si vous voulez
faire une carrière normale, vous devez adhérer à FO», résume notre ancien haut
fonctionnaire de MPM. «Jusqu’au début des années 2000, les promotions à MPM se06/03/12 Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille décidaient avec FO avant la réunion de commission paritaire, raconte-t-il. Le représentant
FO était présent à la réunion préparatoire, avec le président de MPM et quelques hauts
fonctionnaires, et il barrait les noms. On ne nommait que des gens recommandés par le
syndicat.»
Une version farouchement niée par FO et l’équipe de Gaudin, dont la défense est
cependant ambiguë. «Sur des milliers de noms présentés, on n’arrive à en faire passer
que quelques dizaines !», reconnaît ainsi Bruno Gilles. «C’est un peu comme pour les
femmes : pour qu’un agent CGT arrive à un poste de directeur, il doit être vraiment très très
bon», estime quant à lui Jean-Claude Gondard. Quatre à cinq des 21 directeurs de la Ville
sont au bureau de FO et le directeur général des services de Marseille Provence
Métropole (MPM) est également FO (le nombre de chefs de service encartés est en
revanche top secret).
Doubles casquettes
Jean-Claude Gaudin au congrès FO Territoriaux le 9 février 2012. © LF
Côté pile, le système permet de vraies ascensions sociales issues des rangs FO, côté face
la ville fonctionne en vase clos. «On ne cherche pas beaucoup de nouvelles têtes,
reconnaît Michel Pezet. Mais, avec les affaires, à MPM et au conseil général, les éventuels
candidats extérieurs eux-mêmes se posent beaucoup de questions. Quelqu’un qui veut
faire une carrière de haut fonctionnaire n’a pas envie de se retrouver à la une des
journaux !»
Le syndicat est surtout très présent au niveau de l’encadrement intermédiaire, chez les
agents de maîtrise des écoles et du nettoiement. Des postes intéressants pour fidéliser
une clientèle car «ce sont les agents de maîtrise qui règlent tous les petits problèmes des
employés, comme la demande d’un jour exceptionnel», souligne Pierre Godard.
Ces doubles casquettes professionnelles et syndicales «nuisent au bon fonctionnement
des ouvriers, a pu constater notre ancien haut fonctionnaire. Les agents de maîtrise ont
tendance à obéir plutôt à FO qu’à leurs chefs hiérarchiques. Logique, puisqu’ils doivent
leur carrière à FO... » «On ne syndique pas quelqu’un en lui donnant un jour de congé !»,06/03/12 Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille bondit Patrick Rué, qui reconnaît cependant un certain «méli-mélo» entre les revendications des cadres et leur travail professionnel. Toujours aussi à l'aise dans le
double discours, le nouveau patron de FO promet encore : «Le syndicat n’a pas à dire à un
cadre la ligne qu’il doit suivre dans son travail professionnel.»
Les symboles ont également la vie dure. Premier reçu par l’administration, FO se réserve
la primeur des annonces au nez et à la barbe des autres syndicats... Même quand il n’y est
pour rien. En 2010, ça a été le cas de la prime de surveillance de cantine accordée aux
«tatas» réclamée depuis vingt ans par... la CGT. «Ils demandent chaque pont accordé à
l'avance et l'annoncent dans un tract, commente amusé Jean-Claude Gondard. Le
personnel se dit que c'est FO qui l'a obtenu. C'est leur business et ils ont la puissance de
feu pour sortir un tract dans l’heure.»
Territoriaux et hôpitaux, même combat
La tactique a également cours à l'assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM),
où règne aussi en maître, encore par la grâce de Defferre, un syndicat Force ouvrière, celui
de la branche santé publique.
En janvier 2010, lorsque la direction signe avec Marc Katramados, secrétaire général de
FO APHM, un protocole dit «historique», sous le regard bienveillant du vice-président du
conseil de surveillance Bruno Gilles, immédiatement la photocopieuse est mise à
contribution. Et tant pis si quelques mois plus tard, certaines des revendications, comme
une prime dite de «présentéisme», sont retoquées pour illégalité par la chambre régionale
des comptes. L'effet d'annonce a eu lieu.
Dans son bureau, au sous-sol de la direction de APHM (6e arrondissement), Marc
Katramados, quinqua trapu au visage rond, affiche clairement la force de frappe de son
syndicat (2 500 adhérents sur 12 500 employés selon lui) et ses pratiques. Au mur, est
épinglé un article de février 2011 de La Provence, titré «Le vrai patron des hôpitaux de
Marseille, c’est moi», et une photo dédicacée, où il pose avec le sénateur-maire UMP des
4e et 5e arrondissements de Marseille.
Aux dernières élections professionnelles d'octobre 2011, FO a encore progressé dans les
hôpitaux marseillais, obtenant 43 % des suffrages. Le syndicat avait mis les moyens :
campagne d'appels téléphoniques auprès des adhérents qui n’avaient pas voté en 2007,
une cinquantaine de personnes battant les couloirs sur chacun des cinq sites hospitaliers
pour rappeler aux personnels d’aller voter et des voitures-balais «pour aller chercher chez
elles les cartes d’identité des personnes qui les avaient oubliées».
Entré à l’APHM en 1977 comme homme à tout faire et «par la mairie, comme aujourd'hui»,
Marc Katramados revendique ouvertement son «clientélisme». « C’est aider un agent qui
dort depuis des mois sur le parking de l’hôpital à trouver un logement ou qui est en cours
de séparation et a besoin de voir un avocat, explique-t-il. Quand les gens arrivent, on ne
leur demande pas s’ils sont syndiqués. Mon travail est justement d’aller voir les gens qui
ne sont pas syndiqués.»
Obtention de places en crèches, billets de voyage à prix réduits, permanences gratuites
d'avocat, le syndicat sait se rendre indispensable pour régler les problèmes de la vie
quotidienne.
Rien n’est évidemment gratuit. Quand, avant les campagnes de titularisation, les
permanents de FO partent à la pêche des agents susceptibles de rentrer dans les critères,
ils espèrent bien que ces derniers prendront ensuite leur carte. «Quand on a fait une
intervention en commission mixte paritaire pour une titularisation, mes agents préviennent06/03/12 Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille
ensuite la personne et elle se syndique», conclut Marc Katramados.
Il assume tout sauf les embauches en catégorie C, où FO est réputé faire entrer les fils et
filles d’agents, voire des contingents entiers UMP. «C’est la commission de recrutement,
où les syndicats ne siègent pas, qui décide», dit-il. Certes mais, comme le remarque Éric
Audouy, infirmier marseillais et président de la coordination nationale infirmière, «les
directeurs de l’APHM, pour certains eux-mêmes encartés FO et UMP, y siègent». Et de
soupirer : «Tout ça se passe de façon légale sans que l’on ne puisse jamais rien prouver.»
Évidemment l’appartenance de tout ce petit monde au même syndicat facilite les
négociations. Marc Katramados n’en fait pas mystère. «Lors de la galette des rois, la
semaine dernière, j’avais tous les directeurs, y compris Jean-Paul Segade, le DG, car ils
sont tous syndiqués FO, s’amuse le secrétaire général FO de l'APHM. C’est du tutoiement,
car on est dans le cadre du syndicat. Mais on ne mélange pas l’amitié syndicale et la
mission.»
Jean-Paul Segade a une version un peu différente : «Comme j'appartiens à FO, je fais
attention à recevoir tous les syndicats représentatifs. Je l'ai dit aux autres responsables,
s'ils m'invitaient à leur galette j'en serais ravi.» Et de conclure : «L'APHM est complexe et il
y a des traditions que je suis obligé d'intégrer.» Comme accepter qu'un responsable
syndical puisse se faire mousser pour faire tourner sa boutique. A en croire Patrick Rué, la
presse, en accordant beaucoup trop de poids à FO, entretient le mythe. «C'est grâce à
vous que nous recevons autant de CV», s'amuse-t-il.
Une dérive au service d’intérêts particuliers
Débarqué de la tête du syndicat FO territoriaux, Élie-Claude Argy l’a mauvaise contre les
médias et ses anciens amis politiques. Le 9 février 2012, devant les 650 délégués FO
marseillais réunis en congrès, il dénonce une campagne «proche de la diffamation» et
«des attaques inouïes sur le clientélisme et le manque de transparence, allant jusqu’à
amalgamer les territoriaux et la ville à des pratiques mafieuses».
C’est ensuite au tour de son épouse Christiane Argy de faire jouer à la tribune la fibre
sentimentale, rappelant, les larmes aux yeux, la grave maladie de son mari (atteint d'un
cancer de la gorge) en 2003 : «Nous sommes des gens honnêtes face à une mauvaise foi
permanente.»
Ancienne policière municipale, Christiane Argy a été propulsée en 2010 responsable de la
propreté de Marseille Provence Métropole. Une promotion éclair qui a valu à la
communauté urbaine, présidée par le socialiste Eugène Caselli, une condamnation du
tribunal administratif en juillet 2011.
Ce n’est que l’une des nombreuses casseroles que traîne Élie-Claude Argy dans le sillage
de son arrivée à la tête du puissant syndicat en 2003. Le site Bakchich avait ainsi révélé
comment 13 Habitat, l’office HLM dépendant du département présidé par le socialiste
Jean-Noël Guérini, avait, à l’été 2009, généreusement acheté une maison qu’Élie-Claude
Argy ne parvenait pas à revendre.
De mèche avec Alexandre Guérini, c’est également Argy qui, en 2008, impose leur
poulain, Michel Karabadjakian (à l’époque numéro trois de FO) à la direction adjointe à la
propreté de la communauté urbaine.
Depuis mis en examen pour «corruption passive et trafic d’influence», ce dernier a
reconnu, devant les gendarmes, avoir dû modifier plusieurs marchés publics sous la
pression de «Monsieur Frère», le surnom d’Alexandre. 06/03/12 Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille

Déjà directeur de deux grosses structures en régie municipale (le Dôme et le palais des
Sports), Argy s’était également vu promettre la gestion du Vélodrome rénové. «Lors de la
création du Dôme (la principale salle de spectacle marseillaise - ndlr), FO avait exigé de
Vigouroux (le maire divers gauche de Marseille - ndlr) qu’il soit dirigé par Argy, alors
responsable des cadres FO», raconte Jean-Claude Gondard, directeur général des
services de Marseille.
Le cahier des charges du Zénith impose de faire appel à un exploitant privé pour gérer la
salle. Pour complaire à FO, Marseille n’aura donc pas de Zénith, mais une structure en
régie municipale.
Un cumul entre casquettes syndicales et professionnelles, unique en France, qui a choqué
jusque parmi les élus de la majorité municipale. «Et dites-moi, il dort quand Argy ?»,
ironise Bruno Gilles, sénateur-maire UMP des 4e et 5 earrondissements de Marseille.
«La maison rachetée par le département, le Vélodrome, les histoires avec Me Grimaldi
(l’avocat de la ville et de FO), les grèves des éboueurs, il fallait l’arrêter, lâche un élu
marseillais, qui, prudent, tient à rester anonyme. Même Eugène Caselli a pris peur à un
moment.» Car le patron de FO est également le seul qui peut, sur un mot d’ordre de grève,
bloquer la plupart de services publics marseillais.
Elie-Claude Argy avait également provoqué une certaine bronca au sein de FO. «Ce qui
s’est passé avec la nomination de sa femme a fait râler au niveau des cadres, reconnaît
son successeur Patrick Rué. Au départ nous avons encouragé ce sentiment de toutepuissance, mais à force de dire “Nous sommes les plus beaux, nous sommes les plus
forts”, nous avons eu le sentiment que nous pouvions tout faire.»
L’affaire de la double billetterie des musées marseillais est, pour certains, un symptôme de
ce climat. Huit agents municipaux, dont un cadre FO, responsable des ressources
humaines à la direction des musées, ont été mis en examen en 2010 dans le cadre d’un
détournement de fonds publics qui pourrait atteindre les 100 000 euros. Ils ont depuis été
réintégrés dans d’autres services en attendant leur procès en correctionnelle.
«Et alors ?, réplique Patrick Rué. C’est normal, 70 % des cadres sont FO, donc vous avez
7 chances sur 10 de tomber sur un cadre FO. Le gars est un malfrat, c’est un malfrat, c’est
tout.»
«La cogestion a détruit les points de repère, estime quant à lui Pierre Godard, porte-parole
du FSU 13 SDU. Chez les personnels, certains s’en foutent du service public. Pour eux, le
vol est un salaire complémentaire.»

Source : La Ravi & Mediapart


 
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