Convention citoyenne
Philippe San Marco sur
Débats citoyens


14 propositions d'André Jollivet - 24/04/2012

Arrêtons de démolir!



Lors des Etats généraux du logement, André Jollivet,  président de la Maison de l'Architecture et de la Ville (MAV - PACA) a proposé ds pistes de réfelxion et d'action. 

A lire...

Parce que Marseille et sa Métropole est un territoire  marqué par le logement social, et les politiques urbaines, parce qu’il existe des réalisations emblématiques, des grands ensemble remarquables, on peut faire que ce territoire soit un laboratoire des politiques urbaines et du logement. 

Un lieu où on expérimente, où on innove, où on met en mouvement tous les acteurs, et les habitants en particulier.

Pourquoi ?

Parce que malgré tous les efforts consentis par la collectivité, les résultats ne sont pas à la hauteur des enjeux.

C’est vrai que le constat est sévère.

La politique de la ville est en panne, et probablement en panne de portage politique.

La crise du logement est devenue massive en France, et touche maintenant plus de 10 millions de personnes. Selon le dernier rapport de la fondation abbé Pierre, les plus affectées étant évidemment celles qui se trouvent totalement privées de logement ou très mal logées,  soit plus de 3,6 millions de personnes.

Le coût du logement a augmenté de 107% en 10 ans, tandis que les revenus n’ont crû que de 17%.

Le montant des loyers a enregistré une hausse de 47%, et les accédants à la propriété doivent y consacrer près de 43% de leurs revenus.

Nous ne partons pas de rien

A la reconstruction déjà, ce territoire a été en pointe sur des expériences originales, qui ont fait l’histoire du logement social. Je pense aux Castors.

Ce territoire a été dès la fin des années 70, un lieu d’expérimentation important avec les premières opérations de requalification urbaine.

Un lieu où la parole des habitants a été prise en compte, celui où est né l’ingénierie sociale.

Les premières opérations de changement d’usages, les premières régies de quartiers,  ici, plus qu’ailleurs peut-être, on a mis en place des dispositifs expérimentaux.

Ce sont ces dispositifs qui ont permis la résorption des derniers bidonvilles, dans la dignité des habitants et sans exclusion aucune.

C’est un territoire riche de l’expérience de tous les acteurs de terrain, maîtres d’ouvrages, maîtres d’œuvres, réseaux d’entreprises.

C’est pour cela que dans cette situation, je plaide pour un renouveau des politiques d’expérimentation et d’innovation.

Bien sûr on nous dira que c’est très difficile, que les marges sont étroites, mais tout est bon à prendre, on nous dira tant de choses…

On nous dira aussi que l’on produit des logements, et c’est vrai, mais qui ne logent pas les plus pauvres, et qui ne logent pas les classes moyennes.

On nous dira qu’on construit des logements aux normes actuelles et aux exigences du grenelle de l’environnement.

Mais alors comment se fait-il que ces logements et leurs typologies, ne correspondent pas du tout aux souhaits de nos concitoyens et à leurs nouveaux mode de vie ?

C’est dans un contexte d’encadrement complet de la construction, encadrement qui se veut règlementaire, technique et sociétal, que nous produisons des logements.

Mais ces logements n’ont évolué depuis trente ans, que presque uniquement dans un sens règlementaire et normatif.

Le logement est devenu un assemblage d’espaces, exactement définis par une fonction très marquée.

Le seul positionnement de l’interrupteur de la prise commandée dans une chambre de 2,70x3,40 m, implique la position du lit, implique une seule façon de meubler, et ainsi peut être une seule façon d’habiter.

Et que deviendront ces produits dans quelques années ?

Ceux issus d’une fiscalité limitée dans le temps, avec des structures constructives rigides et peu évolutives?

Il est surprenant de constater que les logements démolis aujourd’hui sont environ 15% plus grands que ceux que l’on construit, alors que la demande de logements différents et plus grands s’impose.

Ce que nous savons, ce que nous a appris de l’histoire du XXème siècle, et de la sociologie entre autre, c’est que la vie est complexe, que les individus sont différents, (cette différence est d’ailleurs perçue comme une richesse), que les pratiques de l’espace ne sont pas identiques pour tous.

Les modes d’habiter ne sont pas identiques.

Nous avons mesuré avec l’expérience des réhabilitations, combien le produit unique était une erreur, une vue de l’esprit, la cellule unique de type 3, le plan de masse comme un tableau de Mondrian, et j’en passe et des meilleures.

Produire du logement aujourd’hui est devenu complexe, et cette complexité a multiplié les intervenants.

Mais cette complexité n’est pas tombée du ciel, c’est  le législateur qui l’a produite pour l’essentiel.

Alors  ce qui est fait peut être défait.

L’expérimentation est importante, elle ne règlera pas à elle seule la question de la production du logement mais elle permettra de tester, de prouver, d’évaluer d’autres façons de faire.

Esquissons quelques pistes

 Même s’il semble difficile de déroger aux exigences du grenelle de l’environnement, il faut désacraliser la technique.

Il y a une croyance qui consiste à penser que la problématique de l’énergie dans le logement, dépend exclusivement de solutions techniques.

En effet si d’un côté les techniques sont de plus en plus performantes, d’un autre coté il y a une multiplication des consommations d’énergies, elle-même dopée par de nouveaux équipements.

Nous sommes dans une société consumériste. 

Est on certain de ne pas produire des inégalités nouvelles ? La fracture énergétique existe, il ne faut pas lire un projet avec le seul prisme énergétique.

1- Arrêtons de démolir.

Avec  tous les chiffres qui témoignent d’un déficit de logement, engager une politique de démolition/reconstruction, qui dans les faits montre que l’on détruit plus que l’on construit, pose question.

Si la modernité est un projet inachevé, interrogeons nous et faisons avec. Terminons les choses, et pour cela favorisons la transformation plutôt que la démolition.

Poursuivons la construction du passé, et optons pour ne jamais démolir, enlever ou remplacer, mais toujours ajouter, transformer et réutiliser.

Les moyens financiers mobilisés pour une démolition peuvent être, d’un point de vue économique, bien plus judicieusement utilisés pour la conservation et l’amélioration durable des logements concernés.

On laisse croire que les barres connaissent des problèmes de densité, alors que plus on va dé densifier, plus il y aura des problèmes, et moins on créera d’équipements qui font aujourd’hui déjà défaut.

2- Autorisons nous une adaptation pour chaque cas de logement, et singularisons les situations.

3-  Mettons en place un urbanisme de situation.

 Nous avons un urbanisme complètement dépassé. Ceux qui font acte d’urbanisme considèrent le plus souvent qu’ils sont en position de création, alors que fondamentalement, nous sommes en situation de transformation de l’existant.

La ville doit être considérée pour ce qu’elle est  c’est-à-dire un phénomène social, géographique, et morphologique.

On ne peut la faire évoluer que par substitution, déplacement, répétition, densification, superposition, bref, par un ensemble de modifications successives qui constituent les moyens d’enrichissement de l’espace de vie.

Mais il faudra en amont  des stratégies territoriales précises permettant d’élaborer des dispositifs capables, plutôt qu’une planification formelle et normative.

 4- Il faut révéler d’abord l’usage, c’est lui même qui façonne l’espace public et non l’inverse.

5- Il faut réfléchir à la mutualisation de certains équipements.

6-Il faut concevoir et réaliser des logements diversifiés.

 Le logement collectif peut être une alternative à la maison individuelle.

Pour cela offrir des typologies de passion, comme le logement jardin, qui permet à ceux qui le souhaitent d’avoir une véritable terrasse jardin.

7-Il faut réfléchir à nouveau le principe des distributions, la question de la coursive comme moyen de distribution, de paire avec une rationalisation du plan.

8- Il faut travailler en amont avec les concessionnaires.

Quand on sait par exemple leurs exigences d’avoir des gaines de plus en plus grandes, alors que l’on assiste à une miniaturisation des équipements.

Je vous rappelle que c’est récemment qu’on vient d’échapper à la deuxième cage d’ascenseur.

9-Adapter la répartition des types aux contraintes de la parcelle, et pas seulement à un programme.

Le logement n’est pas un produit manufacturé, chaque opération est spécifique. C’est la parcelle qui produit les typologies, c’est un moyen de réduire le coût.

10- Il faut renouveler la question du prêt à finir.

Travailler l’organisation de la cellule liée aux nouveaux modes de vie.

11-On peut envisager un démembrement de la propriété, en distinguant le droit de propriété du foncier, celui du bâti et le droit d’usage.

12- il faut repenser le logement au delà de la seule alternative de location ou de propriété individuelle.

13-Il faut soutenir voire susciter des associations, des groupes de citoyens prêts à expérimenter d’autres formes d’habitat.

Habitat en autopromotion, coopératives d’habitation, habitat coopératif diffus et divers projet d’habitat groupés participatifs.

Ces différentes formes partagent un certain nombre de préoccupations concernant les ravages de la spéculation, la place des habitants dans la décision et la gestion et l’importance de la solidarité.

14- Arrêtons la construction de logement pour les voitures, c’est indécent, et l’alternative est bien dans le développement des transports en commun.

Pour conclure,

Il faut mener un travail de recherche des marges, et travailler à un inventaire exhaustif des possibles.

L’expérimentation doit être une préoccupation de tous les acteurs  et pas seulement du PUCA.

 

Mais qui dit expérimentation dit évaluation.

En France nous avons beaucoup expérimenté à une certaine époque, mais nous n’avons pas toujours suivi ces expérimentations d’évaluation.

L’évaluation devra être concomitante de l’expérimentation.

Il faut ré enchanter la question du logement, et il faut introduire du désir dans cette production.

Si  le logement est une nécessité vitale,  rien n’empêche qu’il soit désirable.

Ce sont des vies et des histoires de vie qui vont s’y inscrire.

 


Site des Etats généraux du logement de MPM
 
• Rapport de Christian NICOL - 02/12/2015 : LA REQUALIFICATION DU PARC IMMOBILIER PRIVE A MARSEILLE
• Question d’Europe - 14/04/2015 : Le défi de l’immigration clandestine en Méditerranée
• France Stratégie - 30/06/2014 : Rapport : Quelle France dans 10 ans ?
• Vient de paraître - 12/05/2014 : La métropolisation de la culture et du patrimoine
• Jacques Boulesteix viré! - 28/03/2014 : Bonne chance, Marseille, malgré tout !
• Questions à Philippe San Marco - 28/08/2013 : Defferre, un homme d'autorité
• Penser l'histoire - 21/08/2013 : Les livres de Philippe San Marco sur Amazon...
• Appel des collectifs d’habitants - 28/05/2013 : QUARTIERS POPULAIRES : NOUS SOMMES TOUS DES MARSEILLAIS
• Hommage - 23/04/2013 : François Jacob, un parcours sans faute
• Le dernier livre de Daniel Carrière - 23/01/2013 : Itinéraires méditerranéens entre la France et l'Algérie
• Rapport de MICHEL FRANÇAIX, Député - 05/11/2012 : MÉDIAS, LIVRE, INDUSTRIES CULTURELLES & PRESSE
• RAPPORT DE PATRICK MENNUCCI, Député. - 05/11/2012 : IMMIGRATION, ASILE ET INTÉGRATION ET ACCÈS À LA NATIONALITÉ FRANÇAISE
• Au Directeur de la propreté de MPM - 09/07/2012 : Faut-il choisir entre la propreté et le sommeil?
• Ass. Des Calanques et des Hommes - 19/06/2012 : Le Parc sera opérationnel pour le printemps 2013.
• Sur metropolitiques - 09/05/2012 : L’équité urbaine : un choix politique
• Vient de paraitre - 02/05/2012 : Délinquance, l'imposture du tout sécuritaire !
• 14 propositions d'André Jollivet - 24/04/2012 : Arrêtons de démolir!
• Scandale du Musée de l'Arles Antique - 21/04/2012 : Le célèbre critique américain Kenneth Frampton passe un savon à Jean-Noël Guérini
• Révision du PLH de MPM - 22/03/2012 : Bilan des aides à la pierre dans le cadre de la commission RENOV
• Une enquête du Ravi - 06/03/2012 : Révolution de palais chez FO, «vice-roi» de Marseille
• Revue de presse : La Provence - 10/11/2011 : Rue de la République : La rue de la République fait une place aux HLM
• Revue de presse : La Marseillaise - 10/11/2011 : Rue de la République : Livraison du nouvel ilôt haussmanien
• Revue de presse : 20minutes.fr - 02/11/2011 : Rue de la République : Les HLM voient enfin le jour
• A propos du choix exprimé ce jour par les Présidents d'intercommunalités pour le pôle métropolitain et le maintien des 9 intercommunalités existantes - 01/11/2011 : Le collectif « Mon Entreprise, Ma Ville » regrette le manque d'ambition des élus locaux pour notre territoire
• Revue de presse : laprovence.com - 22/10/2011 : Marseille : après la rue de Rome, où ira le tram ?
• Lu dans Libération - 15/09/2011 : Daniel Lebègue : "La démocratie française est malade"
• Jean-Claude Boscher, militant socialiste marseillais (7e section) écrit à Harlem Désir et Benoit Hamon - 01/09/2011 : "Des mesures difficiles à prendre mais inévitables"
• Transparence international France - 01/09/2011 : 7 propositions pour une nouvelle culture politique
• Revue de presse : marsactu.fr - 26/08/2011 : Marseille la nuit : mobilisation contre le "couvre-feu"
• Revue de presse : mediapart.fr - 08/07/2011 : La gestion publique de l'eau fait un flop à Marseille.
• Revue de presse : marsactu.fr - 07/07/2011 : Plongée dans la tambouille du PS13 avec les poètes de Solférinon
• Un coup de gueule de Philippe Carrese - 01/06/2011 : J'ai plus envie… le texte original
• Revue de presse : Le nouvel économiste - 26/05/2011 : Plus belle la ville : Marseille, caricature d'une impasse à la française
• Revue de presse : Marianne - 18/05/2011 : Marseille : le vrai bilan de Jean-Claude Gaudin
• Revouveau PS 13 - 15/05/2011 : La situation actuelle nous impose d'agir
• Collectif Culture de la ville de Marseille - 01/05/2011 : La culture à Marseille accélère : Plus on pédale moins fort, moins on avance plus vite !
• Revue de presse : France Soir - 25/04/2011 : Affaire Guérini : Une vaste enquête en 5 étapes
• Transparence International France - 28/03/2011 : Lettre ouverte à Martine Aubry
• Par Christian Apothéloz - 15/03/2011 : Japon : je suis dans une très grande colère
• Par Georges Kaplan, publié dans Société - 14/03/2011 : Lettre ouverte aux Marseillais : Qu'avons-nous fait de notre ville ?
• Revue de presse : Les Echos - 09/03/2011 : Marseille coule-t-elle ?
• La pensée de midi - 25/02/2011 : Lettre ouverte de La pensée de midi à la Région Paca*
• Revue de presse : La Provence - 08/02/2011 : Halle Puget : "c'est une place pour dealers"
• Jean-Claude Boscher - 03/02/2011 : Le "Guérinisme" est un "Ben Alisme" départemental !
• Jean-Claude Boscher - Article paru dans Réforme N°3405 de février 2011 - 03/02/2011 : "Le non-cumul des mandats est une urgence civique"
• Centre international de poésie Marseille - 01/02/2011 : 2013 ! pour le cipM et la poésie, Marseille accélère son désengagement !
• Revue de presse : Traits Urbains - 01/02/2011 : Marseille/Vieux-Port : Desvigne et Foster face au défi du compromis
• Rapport de la cour des comptes - 01/02/2011 : Le Grand port maritime de Marseille : blocage social et déclin
La Convention citoyenne
Plateforme
Conseil d'administration
Statuts

Actions citoyennes

Débats citoyens
Liens citoyens
Revue de presse
Emissions radio

Mentions légales
Archives jusqu'à 12/2010
La vie de la Convention
Elections municipales 2008
Elections régionales 2004
Elections européennes 2004
Elections législatives 2002
Agir pour Marseille
Débats en cours
Initiatives citoyennes
Développement territorial
Revue de presse
Débat sur la constitution européenne 2005