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Conseil
municipal
de Marseille du 21 juin 2004
Philippe
Sanmarco
TV
locale : mais que veut la mairie ?
Philippe
SANMARCO.- S'agissant d'un rapport relatif à
l'information, permettez-moi de vous poser une rapide question,
Monsieur le Maire. Dans Télérama de cette
semaine, avec un gros titre "Enquête Marseille :
qui contrôlera la télé locale ?",
« la plupart des Marseillais n'en ont jamais
entendu parler » et pour cause, une bataille
féroce et on voit là des intérêts
financiers extrêmement importants et on parle de la
position de la Mairie de Marseille. Dans un autre quotidien,
j'ai lu que la Mairie de Marseille n'était engagée
en rien dans cette affaire. Puis, dans Le Monde daté
de dimanche-lundi, je vois qu'il y a la liste des concurrents
et l'on dit que TV7 Marseille est piloté par la Caisse
d'Epargne Provence-Alpes-Corse avec le soutien de la Mairie
de Marseille et la participation de La Provence.
Là, il faudrait peut-être que vous confirmiez
quelle est votre position, d'autant que lorsque l'on voit
les personnes qui participent au tour de table de TV7, il
est bon de savoir qu'il y a en effet la Caisse d'Epargne
et La Provence, mais il y a aussi le Groupe AB, qui est
un groupe de communication, mais il y a aussi SODEXHO, prestataire
de services de la Ville par ailleurs, donc là on
va commencer à rentrer dans des situations délicates,
et enfin DASSAULT Industrie, qui s'illustre par ailleurs
par le rachat de la Socpresse à l'heure actuelle.
Donc, je me permets de vous demander quelle est la position
de la Marseille dans cette affaire.
Monsieur
le Maire.- Vous lisez vraiment trop les journaux,
vous devez avoir du temps parce que, moi, je ne lis rien
de tout cela !
La Ville de Marseille n'a pas de position sur cette affaire.
Nous n'y mettons pas un sou, nous n'y mettons pas un centime.
Si d'autres veulent le faire, c'est leur droit le plus absolu.
En d'autres temps, puisque vous avez cité La Provence,
si cela avait intéressé Le Provençal,
ce n'est sûrement pas à moi que l'on aurait
demandé un avis !
Le
rapport 04/0608/CESS mis aux voix par Monsieur le Maire
est adopté à l'unanimité.
Endoume :
on brade les réserves foncières !
DIRECTION GENERALE DE L'URBANISME ET DE L'HABITAT
- DIRECTION DE L'ACTION FONCIERE ET DU PATRIMOINE ?7e arrondissement
- Endoume - Rue des Flots Bleus - Cession de terrain à
Mesdames Gilberte HINZELIN et Brigitte DROUGNON - Messieurs
Jean-François et Philippe DROUGNON.
(04-9969-DAFP)
Philippe
SANMARCO.- Monsieur le Maire, mes chers collègues,
il s'agit d'un rapport au terme duquel un terrain qui avait
été acquis dans le 7e arrondissement, il y
a des années, pour une réserve foncière
est revendu à l'ancien propriétaire conformément
à son droit légal puisque vous renoncez à
l’utilité de cette acquisition qui n’avait
pourtant pas été faite pour rien.
Cette affaire que nous déplorons fait apparaître
qu'il fut un temps où dans cette Ville il y avait
en effet une politique de préemption et de réserve
foncière pour des équipements publics qui
font défaut. C’est le devoir de toute municipalité
de préparer l’avenir et les réserves
foncières sont à cet égard un instrument
ancien et efficace. Le Préfet a récemment
fait une conférence très importante, soulignant
combien le problème de la surcharge foncière
était aujourd'hui le goulot d'étranglement
de l'ensemble de la chaîne de production du logement,
logement privé comme social d'ailleurs. Il est donc
très regrettable que la politique de réserve
foncière soit aujourd'hui inexistante, voire même,
comme c’est le cas encore aujourd’hui, utilisée
à l’envers de son objectif, pour des opérations
uniquement de construction de logements privés. Et
cela se multiplie.
Ce quartier du 7e arrondissement est quand même un
quartier qui vit beaucoup de secousses dues à des
opérations de promotions immobilières. A quelques
dizaines de mètres de ce même projet, il y
a le terrain de la traverse Targuist, dont je m'étais
ému, ici même lors du Conseil municipal de
Février dernier, des conditions de la vente. Là
encore, un terrain municipal acheté du temps où
l'on faisait des politiques de réserve foncière.
Et je m'étais permis, Monsieur le Maire, très
respectueusement, de vous faire remarquer qu'il était
choquant que cette vente ait lieu, certes formellement légalement,
mais parce qu'un promoteur se promenant a trouvé
ce terrain intéressant et en a demandé l'achat.
Et cette vente était faite ; on ne sait pas
à qui, d'ailleurs, car vous mettiez vous-même
dans votre rapport qu'au moment de la vente elle-même
ce ne serait pas celui avec lequel on traitait mais ce dernier
aurait une part minoritaire… Bref, c'était
un faux nez !
C'est aujourd’hui une question de loyauté que
je pose, Monsieur le Maire, entre nous. Parce que bien sûr
vous pouvez faire ce que vous voulez, mais ce qui est dit
ici, et ce qui est dit en particulier par vous, a de l'importance,
non seulement pour moi-même mais pour tous ceux qui
nous écoutent et au-delà pour les citoyens
de cette ville. Or, de manière très intéressante
d'ailleurs, vous ne m'aviez pas répondu en Février
sur les conditions de la vente, qui était le seul
problème que je posais, mais vous aviez dit :
"Oui, c'est vrai, il faudrait revoir à la baisse
le nombre de constructions prévues dans ce programme".
Dont acte. Le procès verbal de la séance du
conseil municipal de février en fait foi.
Donc, vous disiez, sans même que je vous le demande
qu'en effet vous connaissiez déjà le programme
– c'était un secret de polichinelle –.
C'est-à-dire qu'avant même qu'un terrain municipal
soit vendu il y avait eu une négociation avec un
promoteur et l'on savait exactement ce qu'était le
programme, et les plans circulaient déjà.
C'était déjà quelque chose de choquant.
Mais je vous signale que depuis les choses n'ont pas avancé.
Alors que je ne sais pas si le terrain est vraiment vendu,
un panneau annonce déjà un permis de construire !
L’instruction de celui-ci a donc bien été
faite avant la vente ! Plus grave, une réunion
a eu lieu avec les riverains et vos collaborateurs et vos
adjoints, au terme de laquelle ces derniers auraient déclaré
que les propos que le Maire avaient tenus lors du conseil
municipal de Février n'engageaient que lui et ne
seraient pas suivis d'effet. Ceci est extravagant.
Au-delà de ce cas particulier je voudrai conclure
sur l’imposture qui fonde votre détermination
à multiplier les constructions de luxe dans ce quartier.
En effet lors de notre débat relatif à la
traverse Targuist vous avez, pour vous justifier, ressorti
la vieille histoire des Alpilles. Vous l’avez fait
ici mais vous le faites aussi beaucoup dans des réunions
de quartier devant un public abusé. Alors j'aimerais
vous rappeler les faits. Vous nous avez indiqué –
c'est le procès-verbal du Conseil Municipal de Février
que vous nous avez fait adopter – que c'était
la Chambre Régionale des Comptes qui vous obligeait
à construire et je vous cite : « que
dit la Chambre Régionale des Comptes dans ses rapports
"Vous devriez construire un peu plus par là
et peut-être qu'un jour il y a aura la possibilité
que l'on revoie la condamnation de la Ville de Marseille
pour qu'elle n'ait plus à payer cette somme."
Voilà ce que l'on nous dit aujourd'hui, poursuiviez-vous,
dans des rapports écrits, sinon je ne vous le dirai
pas. »
Or votre citation de la Chambre régionale des comptes
est fausse.
(Des réflexions fusent dans la salle)
Monsieur SANMARCO.-… Cela a l'air
de déranger. En effet, le rapport de la Chambre Régionale
des Comptes rapporte que… Cela a vraiment l'air de
gêner.
Monsieur
le Maire.- Non, poursuivez.
Monsieur
SANMARCO.- Mais ce n'est pas moi qui fais les interruptions.
Que dit le rapport de la Chambre Régionale des Comptes
du 29 juin 1998 que j’ai ici entre mes mains
Qu'en effet, celui que vous qualifiez de « Maire
illustre » avait été abusé
par l'importance des constructions des Alpilles et qu'il
y avait mis un terme par une déclaration d'utilité
publique au terme de laquelle la Ville avait racheté
une partie des droits à construire. La Chambre Régionale
des Comptes énumère le coût, en effet,
qui a été payé, une bonne fois pour
toutes, pour les indemnités globales de rachat de
programme et d'absence de construction, et ceci une fois
pour toutes.
Et la dernière phrase est : à cela, qui
est payé une fois pour toutes, s'ajoutent des charges
de copropriété – oui, la Ville de Marseille
est copropriétaire puisque nous avons racheté
un terrain – que la Ville règle chaque année
en tant que propriétaire des terrains qu'elle a rachetés ».
C'est quand même la moindre des choses. Ces charges
annuelles s'élèvent à 700 000 francs
– je vous rappelle que vous citiez le chiffre de 780 millions
de francs –, donc 700 000 francs pour des
charges de copropriété pour des terrains inconstructibles.
Monsieur le Maire, j'attire votre attention là-dessus.
C'est la seule référence de la Chambre Régionale
des Comptes. Nous sommes loin de la vision apocalyptique
qui vous arrange tant. Il n’y a aucune « condamnation
à vie ». La ville a racheté aux
Alpilles des droits à construire selon la procédure
légale. Elle les a payées une fois pour toutes.
Et étant copropriétaire d’un terrain
rendu par elle même inconstructible, elle en paye
chaque année les charges de copropriété,
ce qui est la moindre des choses. En aucun cas la Chambre
régionale des comptes ne vous a incité à
développer des constructions en échange desquelles
elle pourrait un jour, selon vos propos, revenir sur le
payement des charges relatives au dossier des Alpilles.
Dire cela est un mensonge.
Que vous construisiez partout des programmes de luxe en
vendant le fruit du travail d'une politique de réservation
foncière faite par vos prédécesseurs,
c'est votre droit ! C’est un choix politique.
Mais ne vous appuyez pas sur la Chambre régionale
des comptes qui confirme bien que nous sommes en effet amenés
à payer des charges annuelles de 700 000 francs
parce que nous sommes copropriétaires d'un terrain
inconstructible. La seule manière que nous aurions
– et c'est peut-être là ce que vous ne
dites pas mais que vous préparez – de ne plus
payer ces charges, serait de rendre ces terrains constructibles.
Mais alors, dites-le ! Et là le scandale sera
retentissant, car il faudrait aussi faire rembourser à
la ville les sommes que celle-ci avait payées lors
du rachat des droits à construire.
Monsieur
le Maire.- Je persiste et je signe sur ce que j'ai
dit, puisque vous voulez revenir inlassablement sur cette
situation : M. DEFFERRE avait signé un
permis… (Remarques dans la salle)
Monsieur
le Maire.- Non, il y a eu des constructions !
C'est lui même qui l'a raconté x fois !
Et puis, rentrant un jour en bateau, il a vu toutes ces
constructions de logements un peu de standing dans sa propre
circonscription et cela, ça dépassait tout !
Alors, pour le deuxième permis qui était signé,
il a tout fait pour l'arrêter. Et nous continuons
à payer, année après année,
la somme que vous venez d'indiquer. Et dans son rapport,
la Chambre Régionale des Comptes essayait de faire
des suggestions et de nous inciter, car, oui, il y a cette
page mais il y en a d'autres, rassurez-vous, j'ai communiqué
ces rapports publiquement et, par conséquent, je
les ai bien en tête, et la Chambre Régionale
des Comptes nous disait : "Essayez de trouver
une solution pour mettre un terme à un abus et à
une décision d'abus que M. DEFFERRE avait pu
prendre". Première réponse.
Monsieur
SANMARCO.- C'est faux !
Monsieur
le Maire.- Ce n'est pas faux, c'est exactement
ce qui s'est passé ! Je ferai le point moi-même
sur cette affaire et j'y reviendrai. En tout cas, nous payons
toujours la même somme, année après
année, et M. DEFFERRE est déjà
mort depuis 18 ans.
Deuxièmement, sur le fameux terrain, à côté
du Rhul et au-dessus, à côté du Théâtre
Sylvain, je me suis rendu sur place moi-même, avec
un fonctionnaire de la Mairie, j'ai regardé ce terrain,
j'ai discuté non pas avec des voisins mais avec un
seul qui m'a vu et qui est sorti de son immeuble pour venir
me parler. Sur ce terrain on a d'abord regardé avec
M. ROATTA si on pouvait y mettre un collège ;
on ne peut pas, ce n'est pas suffisamment grand, il faudrait
faire arriver les élèves qui arrivent tous
en voiture ou en car, pour aller vite, en passant devant
le Rhul pour monter un peu plus haut. Donc, ce n'est pas
possible de mettre un collège là, alors que
vous savez que nous cherchons avec M. ROATTA, depuis
très longtemps, un terrain suffisamment important
pour construire un collège, pour que le Conseil Général
construise un collège dans le 7e arrondissement.
J'ai vu cet emplacement. Bien entendu que les gens, là
encore, sont très contents ! Ils ont leur maison
à côté, cela donne sur un espace vert
mal entretenu, ils ont transformé l'espace en parking,
car lorsque j'y suis allé il y avait au mois 10 ou
12 voitures qui étaient stationnées. Donc
ils se sont appropriés illégalement un parking
et, bien entendu, ils voudraient que cela demeure. Au mieux,
on nous demanderait de faire un vrai parking pour qu'ils
puissent mettre leur voiture !
J'ai donc indiqué au haut fonctionnaire qui m'accompagnait
qu'il y avait la possibilité, à mon avis,
de construire cinq villas et pas plus. Alors, si l'on annonce
huit villas, ce n'est pas ce que j'ai dit, j'ai dit :
"cinq villas et pas plus". C'est ainsi que cela
se fera et à l'époque du Maire auquel vous
faisiez allusion, il lui arrivait de trancher brutalement ;
en la circonstance, c'est moi qui le fais.
(Applaudissements dans les rangs de la majorité)
Le
rapport 04/0600/EHCV mis aux voix par Monsieur le Maire
est adopté à l'unanimité, les Groupes
Socialiste et apparentés, et Communiste et partenaires
s'abstenant.
Tahar
Rahmani
26 août
1944/26 août 2004 : pour une reconnaissance légitime
envers les tirailleurs algériens et tabors marocains
qui ont fait sacrifice de leurs vies pour que Marseille
et les Marseillais retrouvent la liberté et la démocratie
Monsieur
le Maire, mes chers collègues,
La
France et les alliés ont commémoré
le 60e anniversaire du débarquement du
6 juin 44 en Normandie.
Hommage
et reconnaissance éternelle furent rendus à
ceux qui ont combattu l’horreur nazie et offert de
nouveau la liberté et la démocratie à
la France et aux Français, mais plus largement à
l’Europe et aux Européens.
Deux
mois et demi plus tard, c’est sur les terres de Provence
que se jouèrent d’autres combats libérateurs.
Et c’est ici, à Marseille, qu’entre le
21 août et le 28 août 44, jour de
la capitulation du général allemand qu’eurent
lieu de durs combats menés par des soldats étrangers
et par la résistance française, ils ont su
combattre ensemble contre les troupes d’occupation
fascistes.
Vous
le savez, l’opération décisive, fut
celle engagée par le général De Monsabert
sur les collines de ND de la Garde et conduite par les tirailleurs
du 7e Régiment algérien et les
Tabors marocains, sans qui rien n’aurait été
possible.
Le
Général De Monsabert a une place toute particulière
dans cette salle même et Marseille et les Marseillais
garderont pour lui une reconnaissance sans faille.
Chaque
année, une cérémonie du souvenir a
lieu au pied de Notre Dame de la Garde, autour du char afin
de se souvenir de ceux qui sont morts pour Marseille.
Cette
année 2004, chacun le sait, est une année
exceptionnelle de commémoration et Marseille et les
Marseillais, que nous avons l’honneur de représenter,
se doivent d’honorer la mémoire de ces combattants
de la liberté.
Nous
devons célébrer cet anniversaire du 26 août
de manière plus marquée, plus visible, plus
solennelle ici même, en préfecture ou ailleurs,
les idées ne manquent pas. Certains vétérans
pourraient y être associés.
C’est
nous semble-t-il une reconnaissance légitime envers
ces tirailleurs algériens et tabors marocains qui
ont fait sacrifice de leurs vies sur le sol de France pour
que Marseille et les Marseillais retrouvent la liberté
et la démocratie.
En
ces temps de regain d’une certaine nostalgie pour
certains, empreinte de racisme voire de fascisme, particulièrement
visible sur les lieux de culte, il est toujours bon de rappeler
certaines vérités de l’histoire.
Je
vous remercie.
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