|
Conseil
de la Communauté urbaine Marseille Provence métropole
du 17 décembre 2004 - Philippe Sanmarco
Sortir
la Communauté urbaine de l’impasse
Débat sur le
principe d’une taxe additionnelle.
Monsieur
SANMARCO.- Monsieur le Président, mes chers
collègues, nous sommes soumis depuis quelques semaines,
et singulièrement depuis quelques jours, à
un débat par voie de presse entre des membres de
notre assemblée qui ne manque pas de tonus. Au-delà
des positionnements dont on peut comprendre les pensées
mais aussi les arrière-pensées, je crois qu'il
est important d'essayer d’analyser ce qui est en train
d’arriver à notre collectivité, non
pour nourrir des polémiques inutiles mais afin de
sortir de l’ornière et d'avancer.
J'essaie donc de comprendre ce qui est dit de part et d'autre
et d’en retenir l'essentiel : après des
années d'euphorie consensuelle, nous serions au bord
de la rupture, à propos d'une fiscalité additionnelle
liée, qu'on le veuille ou non, aux gros investissements
du métro et du tram dans Marseille.
Je voudrais faire simplement deux remarques : l’une
sur le dossier lui-même de ces gros investissements,
et l'autre sur le fonctionnement politique de notre communauté
qu'il me parait nécessaire de revoir.
1.
Sur ce dossier du métro et du tram,
mes chers collègues, je suis le seul à m’être
opposé, ici et ailleurs, au contenu même de
ce projet. Tous les autres élus de cette
assemblée communautaire, gauche et droite confondues,
marseillais et non marseillais, l'ont voté. La
gauche insistant, semble-t-il à juste titre, sur
l’évidente insuffisance financière,
et liant, semble-t-il à juste titre aussi, ces difficultés
à un problème de gestion plus général
de notre communauté urbaine.
J'avais proposé, rappelez-vous, une autre priorité.
D'abord celle des liaisons en site propre entre Marseille
et Aix, Aubagne, et l’Étang de Berre. Puis,
celles avec les communes périphériques de
Marseille. Et enfin, et seulement en dernier, la desserte
en site propre à l’intérieur même
de Marseille (métro et tram), en évitant tout
doublon avec les infrastructures existantes. Je n’ai
pas été écouté. Vous avez tous
ensemble décidé de procéder selon un
ordre inverse. Il n’y a donc toujours aucun projet
permettant aux habitants des communes de la communauté
hors Marseille d’accéder à la ville
centre en transport en commun en site propre. Et les liaisons
avec Aix, Aubagne et l’Étang de Berre sont
laissées à l’initiative de la Région,
de l’État et surtout de la SNCF qui ne se pressent
guère. Votre décision, je m’y soumets
de manière républicaine. Et vous avez pu constater,
Monsieur le Président, que je ne participe à
aucune procédure d'obstruction que ce soit, sauf
une éventuelle - et je profite de l'occasion qui
m'est donnée ici pour la rappeler - celle relative
à l'exigence, si ce tramway doit voir le jour, qu'il
soit bien en site propre. Car je continue à dire
que ça n'est toujours pas le cas pour des tronçons
essentiels. Je souhaiterais que les collègues qui
siègent à la Commission des marchés
veillent au moment où on lance les marchés
à ce que cet aspect des choses soit respecté.
Faute de quoi en effet je m’associerai à toute
démarche devant le tribunal administratif pour bloquer
l’attribution de subventions pour un équipement
en site propre qui ne le serait pas.
Monsieur MUSELIER.- Ils y veillent.
Monsieur SANMARCO.- Mais au-delà
de ce problème, ceux qui ont voté pour ces
gros investissements, que leur arrive-t-il aujourd'hui ?
Pensaient-ils de bonne foi que l'on puisse financer de tels
investissements à fiscalité constante et à
budget constant ? Et dans ce cas, au prix de quelles
économies massives et dans quelles lignes budgétaires
devaient-ils être financés ? Il est difficile
de croire que des élus aient pu imaginer une telle
hypothèse. Ce serait grave et inquiétant.
Bien évidemment, ces investissements majeurs impliquent
un financement exceptionnel, qui ne doit en aucun cas être
d'origine fiscale annuelle, voire même limité
à une ou deux mandatures.
Nous devrons donc, si l'on veut assumer vos votes
positifs en faveur de ces projets, procéder par les
moyens habituels associant fiscalité additionnelle
et emprunt à long terme. Nous entendons
souvent le Président Gaudin dire qu’il ne veut
pas laisser à son successeur un emprunt à
vingt ans comme celui dont il a hérité pour
la réalisation du métro de Gaston Defferre.
Je respecte cette réaction, je comprends ce qu’elle
signifie, mais c'est une erreur macroéconomique.
Si vous pouviez, Monsieur le Président, obtenir des
emprunts non pas à vingt ans mais à trente,
mais à quarante ans, vous feriez œuvre utile.
Car il serait anormal, et dans aucun pays les choses ne
se passent ainsi, que des investissements qui vont bénéficier
à des générations d'utilisateurs soient
financés en une année, voire même en
une ou deux mandatures. C'est la grande différence
d'ailleurs avec le financement par emprunt du déficit
de la Sécurité Sociale où nous faisons
payer à nos petits-enfants le soin de nos maladies
actuelles. Cela en effet est scandaleux, scandale dont se
sont d’ailleurs bien arrangés les gouvernements
de droite et de gauche. Mais s'agissant d'une infrastructure
pérenne, il est normal que nous recourions à
l'emprunt à long terme.
Enfin, une troisième et dernière remarque
sur le contenu des projets métro et tram que je me
permets simplement d’évoquer ici concerne les
réformes (probablement par voie législative)
de financement qu’ils impliquent, car le
problème du financement des grandes infrastructures
urbaines de transports en commun se pose dans toutes les
grandes agglomérations de France. Il est clair que
nous devrons dégager des ressources nouvelles :
une part de la TIPP, des financements européens,
un engagement de Caisse des Dépôts et Consignations,
etc…
2.
Au-delà de ce problème technique et financier
que pose la réalisation de nouvelles lignes de métro
et de tram dans Marseille, je m’interroge, mes chers
collègues, sur ce que j'entends. Je pense
que ce malaise, ces mouvements d’humeur auquel nous
assistons aujourd'hui, révèlent autre chose :
les illusions du fondement même de cette Communauté
Urbaine nous ont amenés à une impasse.
Et je le dis parce que je l'avais dit depuis le début
de notre mandature Car en fait vous tous qui avez voté
pour ces grands investissements, vous avez voté pour
parce que dans votre esprit, Marseille se débrouillerait
de leur financement : puisque c’est à
Marseille, c’est donc Marseille qui paiera. C’est
ainsi qu’on vote toujours ici pour ce que le voisin
décide, dans la mesure où il s’en débrouillera,
et à charge de revanche. C'est là ce que vous
avez tous ensemble appelé abusivement le consensus
communautaire : sur chaque dossier porté par
un maire, tous les autres maires votent pour, lui donnant
ainsi le label communautaire. On empoche ainsi
le bonus financier de l’État pour ce qui est
communautaire alors que par un tour de passepasse on n'a
strictement rien changé aux pratiques antérieures
où tout se décidait au niveau communal.
Ce fameux pacte fondateur, donnons acte au Président
Gaudin de tout faire pour le respecter au prix souvent,
non pas de violations de la loi, mais de regrettables contorsions :
la notation du personnel transférée aux maires,
80 % de la dotation communautaire renvoyée aux
communes alors qu'elle est généralement d’environ
40 % On peut continuer ainsi la liste de toutes les
mesures qui font que, à chaque fois qu'il l’a
pu, le Président a renvoyé sur les maires
la réalité des compétences de la communauté,
empêchant l’émergence d’une politique
communautaire au-delà du seul club des maires.
Mais, à côté de ce pacte fondateur,
que certains qualifient curieusement de moral, mes chers
collègues, il y a la loi républicaine, la
loi sur les Communautés Urbaines, et celle-là,
elle crée un engrenage implacable. Certains
d'entre nous l'avaient compris avant d'autres. Je veux saluer
ici Roland Povinelli, dont chacun se rappelle les protestations
qu'il n'a cessé de proférer à l'encontre
de la création de cette communauté urbaine
dont il avait bien compris qu'au-delà de tous les
artifices de sécurité que vous pouviez signer
entre vous, personne n'échapperait pas à sa
logique inexorable.
Nous constatons aujourd'hui par voie de presse que d'autres
maires, de gauche et de droite, le rejoignent. J'ai même
lu que l'un d'entre eux disait qu’il voulait rendre
la liberté à sa commune. Oh la la ! Tout
ceci ne fait qu’apporter la preuve que l'opposition
à l'émergence d'une réelle communauté
urbaine dans l’agglomération de Marseille n’est
jamais venue, contrairement à la légende,
du Maire de la ville centre mais bien évidemment,
et bien légitimement, de l'opposition, quelle que
soit leur couleur politique, des maires des communes périphériques,
qui sont en droit d'être inquiets de s’associer
à Marseille compte tenu - et c'est la singularité,
unique en France, de notre communauté urbaine - de
l'énorme distorsion entre 800 000 habitants
dans la ville centre et 200 000 habitants dans l’ensemble
des communes périphériques. Dans toutes les
autres communautés urbaines, le rapport entre ville
centre et communes périphériques est un rapport
d'égalité.
Donc le consensus d’origine, votre fameux
pacte fondateur, a abouti à l'impasse dans laquelle
nous sommes aujourd'hui car ce consensus gauche droite,
ce consensus marseillais non-marseillais n'a jamais été
bâti sur des contenus, il n’a jamais été
bâti sur des projets, mais toujours sur l'affirmation
que chacun allait rester maître chez lui.
C'est d'ailleurs ce que la presse a rapporté des
propos de notre collègue François Bernardi
sur France Bleue Provence à 7 h 50 le 10 décembre
2004. Le Président du groupe socialiste déclare
très clairement : « que Jean-Claude
Gaudin s'occupe de ses propres finances, qu'il justifie
l'impôt que lui demande à lever, et ne s'occupe
pas de celui de son voisin ». C'est là
quelque chose de cohérent. Sauf que c'est quelque
chose qui ne peut pas tenir face à la loi républicaine
dont l’application va écrabouiller toutes les
précautions prises, malgré les bonnes volontés
des uns et des autres à gauche comme à droite
pour que rien ne change.
Évidemment, si nous nous contentions d'une gestion
à la petite semaine, cela pourrait tenir, mais au
premier gros investissement, c’est l’écueil.
Et bien sûr, le premier gros investissement, ce n’est
pas dans une commune périphérique qu'il va
avoir lieu, c'est forcément dans la ville centre,
et bien évidemment il va avoir trait aux transports
en commun, soit en investissement, on le voit avec le métro
et le tramway, soit en fonctionnement, avec la RTM.
J'avais dénoncé l’impasse à laquelle
cette posture allait nous amener dès les premiers
rapports du premier jour de la constitution de notre communauté
urbaine, qui consistèrent d’abord à
nous auto-dessaisir – et vous l’avez tous voté
- de la majeure partie de nos compétences au profit
du bureau, puis à décider que ce bureau serait
composé d’un nombre de membres identique à
celui des communes, ce qui signifiait que tous les maires
allaient y siéger. C'étaient là des
choix politiques, qui exprimaient d’emblée
les prudences, les précautions, les peurs, devant
l'embarquement dans une nouvelle dimension communautaire.
Sachant que j'étais seul de mon avis, et ne voulant
pas troubler cette belle unanimité qui prospérait
sur fond d’une soi-disant disparition des conflits
gauche droite, je m'étais tout simplement éclipsé :
cette manifestation de refus m'avait d'ailleurs valu du
Parti Socialiste dont j'étais encore membre un blâme
dont je fus informé avec une intense émotion
par voie de presse.
C’est fort de ces réflexions sur le
passé que je vous demande : aujourd’hui,
mes chers collègues, on fait quoi ?
On
casse tout ? Si je lis les déclarations
dans la presse, il va surement se passer des choses intéressantes.
Certains maires vont-ils pousser leur opposition jusqu’à
quitter le bureau de la communauté urbaine ?
Chiche ! Nous savons bien en outre que la menace de
quitter la communauté est irréalisable, et
ce n'est d’ailleurs pas souhaitable, en tous les cas
je ne plaide pas pour cela.
On
garde le statu quo ? C’est-à-dire
que l'on perpétue l’impasse dans laquelle nous
nous trouvons collectivement aujourd'hui ? C'est possible,
il suffira d'augmenter la dose de schizophrénie qui
caractérise le fonctionnement politique de notre
collectivité. C’est-à-dire que l'on
va assister à des votes contre, mais que le bureau
restera en place. Retrouvant ainsi les plaisirs empoissonnés
de la IVe République, on va continuer à
avoir une dissociation complète entre l’expression
politique (une opposition théâtrale) et la
réalité des choses (on gouverne ensemble et
on se partage les attributs du pouvoir), ce qui nourrira
l'incompréhension de nos concitoyens devant le fait
que des élus membres de partis qui votent contre
restent dans un bureau qui est censé exprimer un
gouvernement collectif.
Le problème est bien l’existence ou
l’inexistence d’un pouvoir politique à
la tête de cette Communauté Urbaine.
Et je lisais la déclaration du Maire de Sausset les
Pins, Monsieur Diard, qui disait à propos de cette
taxe additionnelle dont viendrait tout le mal « c’est
peut-être un mal nécessaire, mais il sera justifié
à condition qu’il y ait plus de transparence
et moins de technocratie ». Mais, mes chers collègues,
s’il y a technocratie, à qui la faute ?
Les fonctionnaires ne demandent qu'à obéir.
C’est faute d'un pouvoir politique clair qu'ils occupent
l'espace et je ne sais pas s'il faut les en remercier ou
les plaindre.
Ou alors, troisième solution, on affronte
la réalité, on se débarrasse des bouées
de sécurité qui nous empêchent de nager,
et on applique enfin la loi et l’esprit de la loi.
C’est-à-dire que l'on se met d'accord
sur un bureau qui soit un vrai exécutif communautaire,
composé, maires ou pas, de gens qui regardent bien
l'ensemble des problèmes qui sont posés sur
l’ensemble du territoire communautaire, et plus simplement
de maires qui ne s’occupent que de qui se passe dans
leur commune respective. De gens qui, lorsqu’ils ne
sont pas d'accord entre eux, le disent. Il peut y avoir
des débats entre nous, c'est d'ailleurs pour cela
que nous sommes là, mais une fois que l'on est d'accord,
alors on doit assumer les conséquences financières
des votes que nous avons émis.
L’exemple des transports en commun, évidemment,
est au premier rang des problèmes communautaires.
Mes chers collègues élus des communes hors
Marseille, croyez-vous que les problèmes sérieux,
anciens, de la circulation, du stationnement, du chaos automobile
dans Marseille, soient exclusivement liés aux automobilistes
marseillais ? Enfin ! Vous savez bien que non !
J’écoutais particulièrement, puisqu'il
s’est beaucoup exprimé, le Maire de Plan de
Cuques. Quand on regarde la carte de la communauté
urbaine, on voit déjà l'étroitesse
du territoire de sa commune, personne n’y peut rien,
c'est comme ça. Mais quand on connait en plus le
terrain, c'est un thalweg. C’est-à-dire que
tous les jours, matin et soir, les habitants de Plan de
Cuques sont obligés de prendre leur voiture tous
ensemble au même moment et au même endroit,
créant de ce fait des embouteillages monstres ;
et puis une fois qu’ils ont pris leur voiture, tant
qu'à faire, ils vont jusqu'au centre-ville de Marseille,
et ce faisant ils participent au chaos contre lequel nous
voulons tous lutter. Nous sommes donc bien là confrontés
à un problème commun. Or je n'ai pas entendu
de propositions, par exemple du Maire de Plan de Cuques,
pour permettre à ses concitoyens de rejoindre le
centre de Marseille en transports en commun en site propre.
Lorsque je proposais ici que nous revoyions les priorités
de l'effort indispensable, c’est parce que l’on
ne peut pas tout faire en même temps compte tenu de
l’état des finances locales et de celles de
l’État qui resteront dans l’état
dans lequel elles sont pendant encore des années.
Or si j’entends des protestations contre le financement
des infrastructures votées pour le tram et le métro,
je n'entends pas de propositions qui donneraient la possibilité
aux habitants - et c’est valable pour l'ensemble des
communes - de ne pas prendre leur voiture, de bénéficier
de transports collectifs en site propre. Et il n'y a pas
besoin obligatoirement d'un tram ou d'un métro :
il y a aussi des possibilités de transport en site
propre beaucoup moins couteuses, par exemple en bus pour
rejoindre les lignes de métro existantes (merci l’héritage)
par des couloirs réellement protégés.
En matière de transports en commun, ou bien nous
sommes solidaires, ou alors ne vous étonnez pas si
un jour nous sommes confrontés à un inévitable
un péage urbain à l’entrée de
Marseille, c’est-à-dire qu'au lieu d’avancer
ensemble nous aurons reculés, chacun pour soi.
Pour
conclure, mes chers collègues, en lui-même
le principe d'un impôt communautaire me paraît
normal, car la démocratie c'est la responsabilité
de l'impôt. C’est son absence d'ailleurs
qui est anormale. Car enfin, quelle image donnons-nous ici,
où tout se décide, au-delà des affrontements
organisés théâtralement entre la droite
et la gauche dans des conseils municipaux vidés désormais
de l’essentiel de leurs compétences :
ici où sont votées les dépenses, mais
jamais les recettes ! Franchement, c'est formidable !
Par contre, il est légitime - et cela s'exprime aussi
bien à gauche qu’à droite - que l’imposition
communautaire ne vienne pas en plus, toutes choses égales
par ailleurs, des impôts communaux. Avant qu’on
ne crée la communauté urbaine, l’essentiel
des fonctions transférées existait déjà,
l’essentiel des finances existait déjà,
et l'essentiel du personnel existait déjà.
Il y a eu simplement transfert à la communauté
de compétences et de moyens existant déjà.
Il ne devrait donc pas y avoir au final addition supplémentaire
entre les communes et la communauté urbaine mais
jeu à somme nulle. Comment se fait-il donc qu’il
y ait eu addition ? Quand certains disent « pas
d'impôt en plus », ils ont raison, s’il
s’agit de faire ce qu’on faisait avant, la gestion
courante hors grands projets nouveaux comme le tram et le
métro. Car ce qui intéresse nos concitoyens ce
n'est pas tellement la décision de chaque collectivité,
ce qui les intéresse, c'est le total en bas de la
feuille d’imposition. Or comment leur expliquer qu'un
transfert de compétences et de moyens existants ait
entrainé une inflation fiscale ? En effet on
est en droit de se poser la question ! Cela veut dire
qu'il y a eu des doublons. C’est ainsi que, toutes
couleurs politiques confondues, les impôts communaux
ont en 2004 augmenté de 6,61 %, sans oublier
ceux du Département qui s’est octroyé
la généreuse augmentation de 14,6 % dans
l'indifférence générale.
(Applaudissements)
Les impôts communaux auraient dû baisser à
due concurrence du transfert des compétences à
la communauté urbaine. C'est pour cela que je m'associe
à ceux, à gauche comme à droite, qui
souhaitent à mi-mandat qu’un état des
lieux soit fait sur les fonctions et les moyens transférés,
une sorte, Monsieur le Président, je ne sais pas
comment le dire, je ne suis pas mandaté pour cela,
et puis je vous fais confiance, d'audit à mi-étape
qui implique un pilotage politique et non technocratique
des problèmes auxquels nous sommes confrontés.
Voilà, mes chers collègues, Monsieur le Président,
pourquoi je voterai le principe de cet impôt additionnel.
Je souhaite que ce soit l'occasion de débattre du
fonctionnement interne de cette communauté urbaine.
Je crois, mes chers collègues, qu'il faut cesser
d'avoir peur. Certains se sont protégés -
peut-être de manière excessive - en début
de mandat : il est temps aujourd'hui de comprendre
que ces précautions sont des entraves. Nous
avons de grandes choses à faire ensemble.
Nous voyons par exemple inscrits à l’ordre
du jour aujourd'hui : le Plan de Déplacements
Urbains, le Plan Local de l’Habitat, le Contrat d’agglomération…
Nous
avons de grandes choses à faire avec d'autres,
communautés urbaines d'Aix, d'Aubagne, les rives
de l'Étang de Berre. Nous sommes au milieu du gué,
c'est toujours une situation inconfortable. Je souhaite
que nous ne reculions pas.
Merci
de votre attention.
(Applaudissements) |