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Mai
2005
Crise
à la communauté urbaine Marseille Provence
Métropole
Claquements
de portes, déclarations outragées, annonce
de ruptures fracassantes, la communauté urbaine Marseille
Provence Métropole, n’est plus le lieu de sérénité
qu’elle prétendait être.
En trois ans, la belle image s’est brisée et
les dures réalités s’imposent.
Rappelons que Robert Vigouroux avait déjà
créé une communauté de communes, au
sein de laquelle chaque commune de l’agglomération
marseillaise gardait toutes ses compétences, mais
qui établissait des bases communes, en particulier
pour la fiscalité des entreprises. Le gouvernement
Jospin-Chevènement a voulu aller plus loin et organisé
de véritables transferts de compétences au
profit d’une entité nouvelle, la communauté
urbaine à laquelle l’État apporterait
plus d’argent.
Dans le passé, jamais l’État n’avait
été aussi loin, et contrairement aux légendes
tenaces, ce n’est pas parce le maire de Marseille
qui s’y serait opposé : ce sont bel et bien
les maires des communes périphériques qui
avaient à craindre une association trop étroite
avec un partenaire marseillais représentant à
lui tout seul 80% de l’ensemble.
L’État étant cette fois ci décidé
à forcer les choses et à avancer, tous les
maires ont dû se résigner. Et celui de Marseille,
JC Gaudin, pour atténuer les peurs légitimes
de ses partenaires, quelque soit leur étiquette politique,
a essayé au maximum d’atténuer les contraintes
de la loi et a tout fait pour qu’en fait rien ne change.
C’est ainsi que la communauté a commencé
a fonctionner en 2001 : unanimisme de façade, absence
de contenu communautaire, pseudo consensus gauche-droite,
soi disant pour dépasser les clivages traditionnels,
en fait pour que chaque maire reste maître chez lui.
Évidemment, et malgré beaucoup de bonne volonté,
ça ne pouvait pas marcher. Au premier gros dossier,
et la communauté était bien faite pour résoudre
les questions importantes, la crise est arrivée.
La réalisation du métro et du tram à
Marseille a imposé des financements supplémentaires,
d’autant plus importants que le gouvernement Raffarin
supprimait les aides de l’État aux équipements
de transports en commun en dehors de Paris.
Au-delà d’un dossier particulier, c’est
le fondement même de la communauté qui a explosé
et qu’il faut revoir.
La Convention Citoyenne avait diagnostiqué tout ceci
dès le départ et n’a jamais participé
ni cautionné ce qui s’est fait jusque là.
Non par sectarisme mais parce que nous considérons
qu’au-delà des querelles de personnes et des
clivages politiques légitimes, il faut aller plus
loin et poser le problème de la démocratie.
Car seul le suffrage universel donne la légitimité
d’agir. Or les élus à la communauté
ne sont pas élus au suffrage universel, et cela les
entrave nécessairement. L’éloignement
du citoyen et de l’élu « responsable
» s’est encore aggravé. Plus personne
ne sait qui fait quoi, c’est toujours la faute de
l’autre. La démocratie de proximité
a reculé sans que la gestion des grands dossiers
y gagne. C’est l’explication de la crise actuelle.
Nous ferons donc des propositions sur le fond pour l’avenir
: élection des élus communautaires au suffrage
universel, constitution d’un réel exécutif
communautaire pour les questions communes, renforcement
des pouvoirs des maires, y compris ceux des arrondissements
de Marseille, pour les questions de proximité, etc.....
Nous y reviendrons.
Mais si on veut agir en politique, on ne peut pas se contenter
de dire qu’on avait raison. Il faut essayer de redresser
la barre, tenir compte du réel, éviter que
les choses ne s’aggravent. C’est l’urgence
: la Convention citoyenne a pris sa part des responsabilités.
C’est le sens de notre action immédiate. |