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Conseil municipal de Marseille du 19 juin 2006, Tahar Rahmani
Prévention et sécurité : Les maires doivent être en première ligne, sans jouer les "shérifs"
Ce rapport émanant de la Direction Générale de la prévention et de la protection et relatif aux questions de sécurité, nous donne l’occasion d’intervenir sur un sujet majeur pour les Marseillais.
Celui de la sécurité urbaine
Ceci d’autant plus que sera présenté au Conseil des Ministres de ce mercredi, le projet de loi sur la prévention la délinquance qui fait du Maire le pivot du projet, notamment par la création d’un conseil pour les droits et devoirs des familles qu’il présidera, ou en lui donnant le droit de demander la fameuse « mise sous tutelle des prestations familiales ». De se substituer donc au pouvoir judiciaire.
Vous n’êtes pas sans savoir, en effet, M. le Maire, M. l’Adjoint, mes chers Collègues, toute la polémique soulevée à la fois par ce projet de loi Sarkozy dénoncé par nombre de Maires de droite comme de gauche, car il donnera au Maire, en effet, un pouvoir de sanction y compris de sanction financière, ce qui relève de la justice, mais polémique également, il faut le dire, sur les propos tenus par une candidate à la présidentielle au sujet de la militarisation des questions de sécurité ou la présence d’un deuxième adulte dans les classes pour faire la discipline, cela s’appelle un Agent de Sécurité.
Vous voyez, ni l’un ni l’autre ne semblent répondre justement et unanimement aux attentes sur ces questions, qui touchent la vie quotidienne des Français.
Réponses attendues entre autre par des travailleurs sociaux, des éducateurs, le corps enseignant qui n’ont même pas été concertés.
Vous êtes donc interpellé directement, M. le Maire, et sur ce projet de loi, et sur le débat posé aux Français.
De manière sporadique, on assiste ici et là à des actes de délinquance insupportables en particulier dans les établissements scolaires. Marseille n’est pas épargnée. Des jeunes filles et de plus en plus jeunes, de plus en plus violentes agissent avec un culot inégalé. Cela suscite des interrogations auxquelles les politiques doivent répondre.
C’est vrai qu’aujourd’hui les maires doivent être en première ligne, mais sans jouer pour cela les « shérifs » comme à Montfermeil par exemple.
Ils sont au cœur de l’enjeu de sécurité, mais en tant que coordonnateurs des actions. En tant que médiateurs. Ils doivent animer plus fortement encore les Contrats Locaux de Sécurité, quitte à obliger les partenaires à y siéger. Ceci doit être inscrit dans la loi.
Le partenariat avec les services de l’état doit devenir légalement obligatoire.
Le Conseil Général est un partenaire clé de la prévention et de la politique familiale. Des conventions d’objectifs et de résultats entre la Ville et le Conseil Général doivent également être inscrites dans la loi et être respectées.
Où sont donc les fameuses « maisons de justice et du droit » ?
Que l’état et certaines collectivités en France respectent leurs engagements financiers et ne crient pas au feu et montrent leur désarroi quand ils ont le briquet dans les mains.
Cela fait trente ans maintenant que la politique locale de prévention de sécurité existe. Visiblement nous ne sommes pas encore au bout de nos peines.
Vous dîtes souvent M. le Maire et à juste titre, que Marseille, voire même son aire métropolitaine échappe aux troubles des banlieues surtout parisiennes. Oui c’est vrai, mais relativisons et prenons garde au démantèlement des dispositifs sociaux auxquels on assiste, aux appels lancés par les acteurs sociaux, au pourrissement d’un certain nombre de situations dans quelques établissements scolaires et pas seulement dans les Quartiers Nord.
Exiger plus de fermeté oui, mais à la condition de savoir la forme qu’elle prendra.
Le Projet de loi Sarkozy sera discuté cet automne. Que nos Parlementaires se mobilisent donc pour faire entendre la raison, la justice, et exiger la mobilisation des moyens nécessaires pour faire face à ce fléau.
Vous-même, Vice Président du Sénat, aurez votre mot à dire, vos apports à faire dans le sens de l’apaisement, du respect mais également de la fermeté juste et équilibrée.
C’est ce qu’attendent de vous les Marseillais et plus largement les Français.
Je vous remercie |