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02/2010
Implication de la Convention Citoyenne dans les dernières élections municipales à Marseille : Philippe San Marco dresse un premier bilan de cet engagement

Le bilan que la Convention Citoyenne fait de son implication dans les dernières élections municipales est un exercice légitime et démocratique.

Depuis presque deux années, depuis le 16 mars 2008, la Convention citoyenne, avec Tahar Rahmani et Philippe Sanmarco, Madeleine Ghio, Anne Marie Gillet, Claude Grillet, Yvon Guégan ont rejoint la liste Gaudin Muselier sur la base d’un partenariat politique clair dont le contenu fut négocié publiquement pour le temps de la mandature. Il est temps de dresser, comme nous nous y étions engagés, un bilan public de cette première étape.
L’engagement politique est un exercice difficile pour celles et ceux qui ne le réduisent ni à la répétition de slogans creux, ni à l’enfermement dans des camps préétablis vis-à-vis desquels une allégeance absolue interdit l’usage de l’esprit critique.
Pourtant cet engagement reste indispensable à l’organisation de toute société humaine ainsi qu’à la préparation de son avenir. Y renoncer ne fait que renforcer les auteurs du discrédit actuel.
Plus les motifs de découragements sont nombreux, et ils le sont, et plus grande est la nécessité de tenir bon.

C’est le sens de l’action que la Convention Citoyenne mène inlassablement.
Trois composantes font son originalité :

  • Force de propositions faite d’ouverture et d’écoute,
  • Liberté et indépendance de pensée et d’action,
  • Respect de nos engagements et de nos valeurs.
C’est dans ce sens que nous voulons vous informer, et si vous le souhaitez, vous associer à notre démarche.

Avant même le scrutin de mars 2008, nous nous étions engagés à le faire chaque année en y associant nos adhérents mais aussi toutes celles et tous ceux qui ne renoncent pas à l’ambition d’une vie politique digne de ce nom et qui refusent les pratiques politiciennes et clientélistes qui sont autant de graves atteintes à la vitalité de notre démocratie, vident de tout contenu les engagements pris devant les citoyens et empêchent qu’une action collective tonique dynamise enfin notre tissu économique, social et culturel.

C’est la raison pour laquelle notre implication lors des dernières élections municipales avait fait l’objet pendant plusieurs mois d’une lente réflexion. Un débat sérieux avait eu lieu qui s’était finalement résumé à la question de savoir comment un mouvement politique comme le notre pouvait être utile à notre ville et à nos concitoyens compte tenu d’une réalité politique dominée par deux blocs vis-à-vis desquels il était peu raisonnable d’engager un rapport de force frontal. Cet affrontement nous l’avions assumé dans un passé récent et en particulier lors des élections régionales de 2004, mais notre démarche n’avait pas été comprise par nos concitoyens qui n’avaient vu dans ce scrutin régional qu’une occasion de sanctionner le gouvernement. Il nous paraissait donc inutile de la recommencer.

Nous étions par contre tous d’accord pour considérer qu’il nous était impossible de soutenir le candidat du PS aux élections municipales de mars 2008 car celui-ci incarnait à lui seul tout ce que nous n’avions cessé de dénoncer depuis des années. Nous avons sans cesse et publiquement fustigé des pratiques qui n’ont rien à voir avec notre conception de la politique et qui dénaturent la gauche. Nous avons depuis des années dénoncé publiquement des comportements inadmissibles dont nous constatons qu’il a fallu attendre que ce soient des juges qui commencent à y mettre fin pour que certains fassent semblant de s’en émouvoir alors que nous en avions parlé par exemple mais pas seulement lors des dernières élections régionales, il y a 6 ans. Parmi les responsables, personne ne peut dire aujourd’hui qu’il ne savait pas. On peut ne pas partager nos analyses et nos convictions à ce sujet. On ne peut pas discuter de notre cohérence ni de notre constance, malgré les embuches et les épreuves. Faire semblant de devenir soudain amnésique eut été un reniement. Aucun d’entre nous ne l’a alors envisagé. A la vérité il nous apparaissait même à tous prioritaire d’empêcher la victoire de ce qui nous paraissait dangereux, bien au delà du clivage légitime entre la gauche et la droite.

C’est dans ces conditions que la main tendue à la Convention Citoyenne par le tandem Gaudin-Muselier est venue ajouter à nos réflexions une hypothèse inattendue pour des gens de gauche comme nous, celle de rejoindre leur liste sur la base d’un partenariat politique clair dont le contenu serait négocié publiquement et vaudrait engagement pour le temps de la mandature. Quelques uns d’entre nous par principe n’ont pas voulu s’engager dans cette voie. Nous avons respecté et compris ce choix. Pour autant la majorité d’entre nous a voulu aller aussi loin que possible dans la recherche opiniâtre de deux objectifs : d’abord faire barrage à une conception déviante de la politique et ensuite si possible participer à la mise en place de politiques de rupture telles que nous les proposions depuis longtemps sur quelques sujets majeurs comme le centre ville, le logement social, les transports publics, la culture, le civisme, le climat, la coopération méditerranéenne ou encore la métropole marseillaise.

C’est ainsi par exemple qu’une délibération fut présentée au conseil municipal le 1er février 2008, c'est-à-dire avant les élections, relative à l’inflexion immédiate et profonde de la politique menée dans le centre ville de Marseille. C’était pour la Convention Citoyenne la preuve publique qu’un partenariat avec la municipalité sortante était possible, et que des changements pouvaient être assumés par celle-ci, sans que personne ne se renie. Le contenu du partenariat qui fut alors négocié et conclu publiquement prenait de ce fait de la crédibilité.

C’est donc parfaitement lucide et en conscience que la Convention Citoyenne a décidé de s’impliquer comme elle l’a fait lors des dernières élections municipales. Elle l’a fait d’autant plus pleinement que la situation semblait très compromise pour le maire sortant qui s’attendait à une campagne facile et se retrouvait face à un concurrent en situation de l’emporter. Certes la situation nationale favorisait partout en France un vote anti Sarkozy et donc contre les candidats UMP, mais le bilan mitigé de la municipalité sortante jouait également en faveur du challenger. Disons les choses simplement : dans ce contexte une vraie gauche, fidèle à ses valeurs, qui ne se réduit pas à une étiquette ayant fait l’objet d’un rachat telle une marque commerciale, cette gauche là aurait pu gagner cette élection, avec notre soutien. Faute d’avoir eu ce courage élémentaire, enfermée par des appareils soumis mais confortables, elle n’a pas pu franchir le seuil de crédibilité personnelle qui lui était nécessaire. Notre participation vigoureuse à la dénonciation de ses dérives a donc été un élément de son échec. Comme une petite musique venant en permanence parasiter son discours. De ce point de vue, nous nous sommes félicités du résultat. Pour nous l’essentiel était sauf. La raison première de notre engagement était atteinte.

S’agissant ensuite de la mise en application des engagements pris publiquement à l’égard de la Convention Citoyenne par l’équipe municipale ce fut plus compliqué. Car les péripéties lamentables de la mise en place de la gouvernance à la communauté urbaine ont rendu les choses confuses tant l’imbrication des compétences entre la commune et la communauté urbaine est totale. Pourtant nous avons là encore été actifs dans l’élaboration d’un processus provisoire de sortie de crise le moins mauvais possible entre la gauche et la droite. Mais le contenu des politiques à mettre en œuvre s’est trouvé de ce fait déconnecté des engagements pris devant les électeurs. Car l’élection à la tête de l’exécutif de la communauté urbaine, en dehors de toute déclaration préalable de programme politique, d’une personne issue de la liste battue dans Marseille, si elle a répondu aux logiques de combinaisons inavouables entre des élus de gauche et de droite, ne confère à celui qui en bénéficie aucune légitimité politique ni à Marseille, ni ailleurs. C’est cela qui est grave et qui n’a rien à voir avec la qualité des personnes concernées. C’est un système que nous n’avons cessé de dénoncer depuis des années. Il a montré à cette occasion sa totale nocivité, qui restera dans l’histoire de notre ville comme une occasion manquée.

Nous sommes donc revenus par la force des choses et l’irresponsabilité de quelques uns au bon vieux système du club des 18 maires au sein de MPM. C’était inévitable puisqu’eux au moins restent dépositaires de la légitimité démocratique que leur confère leur élection au suffrage universel direct. Mais cela réduit la communauté urbaine à l’addition désordonnée de 18 politiques n’ayant rien de commun entre elles et donc condamnées à ne faire émerger au mieux que leur plus petit dénominateur commun, et au pire qu’une improvisation permanente comme en ont témoigné les reniements et les embardées improvisées en matière d’incinérateur ou de propreté. C’est précisément ce que nous avions dénoncé dans la précédente mandature : une gouvernance certes confortable mais sans ambition, coupée des exigences des citoyens puisque plus personne n’est responsable de rien devant ses concitoyens. Une gouvernance dont les résultats parfois très contestés dans Marseille avaient pourtant bien failli empêcher la réélection du maire sortant.

Faire un bilan de l’implication de la Convention Citoyenne lors des dernières élections municipales est donc conditionné par ce préalable politique essentiel. Mais au moins ce qui relève de la municipalité de Marseille a-t-il répondu à nos attentes ? Les engagements pris à l’égard de la Convention Citoyenne ont-ils été respectés lorsqu’ils pouvaient l’être ? Compte tenu de la situation politique difficile et confuse que nous venons de décrire, nous avons été patients et compréhensifs. Mais le bilan que nous faisons n’est pas satisfaisant.
C’est évidement d’abord en ce qui concerne le centre ville que les engagements écrits, voire même votés le 1er février 2008, n’ont pas été respectés. Alors que la présidence de la société d’économie mixte Marseille Aménagement, dont le rôle est essentiel dans le développement et l’urbanisme de la cité singulièrement dans le centre ville, avait été confiée au président de la Convention Citoyenne, Philippe San Marco, dont les positions et la volonté de changement sur ce sujet précis étaient connues, celui-ci a été confronté à l’impossibilité de changer les orientations de Marseille Aménagement. N’acceptant pas de présider une société dont l’action ne traduirait pas les engagements pris devant les électeurs alors qu’elle relevait exclusivement de l’autorité du Maire de Marseille, il en a démissionné de la présidence afin de ne pas cautionner ce qui est un grave manquement aux engagements pris devant les électeurs.
Mais ce n’est pas tout. Nous avons constaté que le Maire de Marseille, contrairement à la position initiale de notre groupe à la communauté urbaine, était revenu sur l’engagement que la règle des 20% de logements sociaux s’appliquerait dans Marseille par arrondissements ou par secteur. C’était pourtant écrit dans son programme municipal, et faisait partie de notre partenariat avec lui. Nous n’avons donc pas voté comme lui lorsque cette question s’est présentée à la communauté urbaine. Dans un autre domaine essentiel, celui des transports, nous avons enregistré les déclarations du Maire de Marseille et du Président du Conseil général faites lors d’une conférence de presse commune tenue en Septembre 2009. Alors que ces deux personnalités avaient été précisément sur cette question des transports porteurs devant les citoyens de projets profondément différents, nous avons appris en lisant la presse qu’un accord s’était dégagé entre eux pour ne rien faire de significatif alors que suite à notre accord de partenariat une de nos propositions majeures, à savoir le busway, avait été retenue. Plus récemment c’est encore par voie de presse que nous avons été informés de projets arrêtés dans les mêmes conditions opaques. Sans aucun débat préalable, ne serait-ce que dans la commission Transports, le conseil communautaire du 5 février 2010 a ainsi avalisé un schéma de transports dans une confusion totale, le président pour conclure ne recensant même pas les votes contre ni les abstentions. Comme si outre le club des 18 maires se mettant d’accord entre eux nous devions en plus assister et subir le consensus confortable mais sans contenu autre que ponctuel régissant désormais les rapports entre les deux rivaux d’hier.

Nous avons suffisamment d’expérience pour ne pas être surpris que des engagements ne soient pas respectés, et nous ne nous en plaindrons pas. C’est hélas devenue chose courante en politique et qui explique le peu de crédit que nos concitoyens apportent à la parole politique. Mais en échange personne ne doit non plus être surpris, nous connaissant, que nous n’acceptions pas d’en rester là. Car concernant la Convention Citoyenne, personne ne devait nourrir l’illusion d’une « ouverture » qui n’aurait été qu’un ticket sans retour et qui n’aurait servi qu’à absorber des transfuges réduits ensuite au silence. Nous ne ferons de procès d’intention à personne mais nous resterons exigeants et fidèles à notre démarche originelle : force de propositions faite d’ouverture et d’écoute, liberté et indépendance de pensée et d’action, respect de nos engagements et de nos valeurs. Oui, nous appartenons à ce jour à une majorité qui s’est constituée devant les électeurs et sur des contenus. Non, cela ne crée pour nous aucune obligation de nous taire.

Bien au contraire cela devrait nous donner l’assurance de bénéficier d’une écoute positive et féconde. C’est cette conviction qui va guider notre action pour les mois qui viennent. Nous allons en effet continuer à faire entendre librement notre identité qui n’a pas disparu. Car ce bilan, pour peu satisfaisant qu’il soit, n’est pas une fin en soi. Au contraire c’est un appel au ressaisissement, à gauche comme à droite. Nous ne sommes ni des donneurs de leçons ni des imprécateurs mais nous voulons être utiles pour faire avancer notre ville. Le débat des élections municipales a été riche de propositions précises et ambitieuses dans de nombreux domaines. Nous allons donc inlassablement y revenir, et tenter comme toujours d’y associer celles et ceux qui le veulent, quelque soit leur étiquette politique. Un rendez-vous international majeur est devant nous, celui de 2013 où notre ville devra justifier si faire se peut son titre de capitale européenne de la culture. Nous devons tout faire pour y être prêts, concrètement, au-delà des slogans creux. Cela implique un autre mode de fonctionnement, en matière culturelle bien sur mais bien au-delà. Par exemple pour le centre ville, dont l’orientation générale a pourtant fait, avec notre plein concours, l’objet de deux délibérations communes du conseil municipal et du conseil communautaire et qui est depuis quelques mois victime de combines dérisoires dont les conséquences sont la paralysie, les retards et l’absence d’ambition politique. Mais également en matière de transports et de logements, sans lesquels il n’y pas de vraie cohésion sociale. Or notre ville pour rayonner à l’extérieur doit d’abord rassembler à l’intérieur. A cet égard, un deuxième enjeu se profile, celui de la structuration de la métropole marseillaise. La paralysie qu’ont généré les conditions d’installation de la communauté urbaine est un handicap de plus pour Marseille. Il va falloir faire des propositions pour en sortir par le haut. C’est la raison pour laquelle nous avons salué l’initiative prise par Renaud Muselier de lancer la réflexion ouverte à tous de ce que pourrait être demain le Grand Marseille, gage de prospérité, d’emploi et de rayonnement.

Beaucoup de temps a été perdu depuis mars 2008. Bientôt deux ans ! Raison de plus pour ne pas renoncer. Avec pragmatisme, en tenant compte des réalités qui s’imposent, nous écouterons celles et ceux qui sont porteurs d’inquiétudes ou de projets dans notre ville. Ecouter, donner du sens à ce qui peut se dire ou se faire de manière foisonnante mais sans vision d’ensemble, sans cohérence et donc souvent sans débouché. Nous serons aux cotés de tous ceux qui agissent concrètement pour l’avenir de notre cité. Autant que nous le pourrons nous tenterons de convaincre les responsables en charge des domaines concernés. Jusqu’en 2014, et sauf accident, la répartition des responsabilités locales demeurera vraisemblablement ce qu’elle est. Nous agirons en conséquence pour que ce mandat ne se résume pas à une attente inutile vers un dénouement et une clarification indispensables et inéluctables. Sans participer aux manœuvres dans lesquelles certains excellent, nous serons par contre les acteurs attentifs des recompositions inévitables qui ne manqueront pas de s’opérer, à droite comme à gauche. Celles-ci ont déjà commencé, de manière sourde mais révélatrice. Personne ne peut penser sérieusement que le statu quo durera toujours. Inutile donc d’y perdre son temps dans de vaines polémiques. C’est ailleurs et autrement qu’il faut dès maintenant s’investir ou se réinvestir. Edgar Morin a récemment résumé la matrice de l’action collective qui jamais ne doit cesser et qui sera d’autant plus puissante que les défis paraissent insurmontables : « Tout est à transformer pour trouver de nouvelles raisons d'espérer. Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade et se désintègre ou alors il est capable il se métamorphose ». Dans tous les cas un avenir ne se construit que par celles et ceux qui jamais ne renoncent.

 

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