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Damien Brochier (04/05/2006)
Les contresens de la rue de la République

Moins célèbre que la Canebière, sa glorieuse voisine si souvent glorifiée, visitée ou empruntée par des manifestations en tous genres (on aurait bien aimé y faire la fête tous ensemble en bleu et blanc il y a quelques jours, mais bon….), la rue de la République connaît depuis bientôt deux ans un regain de notoriété qu’elle n’espérait plus depuis longtemps. Peut-être même depuis sa création il y a près de cent cinquante ans, quand deux rangées de superbes immeubles flambants neufs sont venus trancher dans le vif des quartiers populaires du Panier et des Carmes pour permettre l’extension des « beaux » quartiers vers le nord de la cité phocéenne, en reliant le Vieux Port aux nouveaux bassins de la Joliette, et au moderne et majestueux bâtiment des Docks…

Mais cette notoriété soudaine est lourde de sens, et même de contresens… Pour éviter que les citoyens marseillais ne s’égarent, il faut à coup sûr leur rappeler trois règles de base du petit code la route « républicain » que beaucoup ont tendance à oublier ces derniers temps.

La première règle dit qu’une rue, c’est bien sur de la pierre et du bitume, des immeubles et des commerces, mais ce sont d’abord et avant tout des hommes et des femmes qui y vivent, qui y travaillent ou qui l’empruntent. Depuis un siècle et demi, la Rue de la République a connu à cet égard un destin singulier (1). La rue « Impériale » (son premier nom) s’est voulue à l’origine une rue bourgeoise mais elle rapidement devenue une rue plus populaire, fondée sur le mélange de populations travaillant dans différents métiers liés à l’activité portuaire. Mais surtout, s’est constituée ici au fil du temps une communauté singulière de marseillais très attachés à ce lieu, au point de voir parfois plusieurs générations d’une même famille se succéder dans les appartements de la rue !

Une deuxième règle dit que, tout espace urbain d’une certaine importance laisse rarement indifférente la population d’une ville. Celle-ci éprouve le besoin d’avoir un avis sur cet espace en lui collant une certaine image, qui s’avère souvent décalée de la réalité. La Rue de la République n’a pas échappé à cette règle : au cours des trente dernières années, l’image du « déclin » de cette rue s’est progressivement imposée parmi les marseillais, alors même qu’une bonne part des habitants de la rue continuait à y vivre de manière conviviale.

La troisième règle, sans doute la plus importante à retenir aujourd’hui, est qu’en matière de réaménagement urbain, les mots sont beaucoup plus importants que les pierres. La Rue de la République en est un parfait exemple. Depuis bientôt dix ans, dans le cadre de l’opération Euromediterranée, l’idée d’une « Renaissance » de cette rue a progressivement été admise et reconnue par toutes les institutions comme un objectif prioritaire : tramway, revitalisation commerciale, réhabilitation des immeubles, … Désormais les opérations se succèdent. Mais rien, ou si peu, n’est dit sur les habitants et sur leur vie. Ou plutôt si : un discours a fait progressivement son apparition, d’abord discrètement, puis désormais beaucoup plus clairement : celui du changement d’habitants : « nous voulons la mixité sociale. Avant il n’y en avait pas rue de la République, puisqu’il n’y avait que des habitants pauvres » (2)Du « déclin » à la « renaissance », des pauvres aux… futurs habitants non pauvres (riches ferait un peu désordre), la roue tourne et la rue de la République évolue … mais au fait, avec qui ? et surtout dans quel sens ?

(1) Nous faisons ici référence au sous titre d’un passionnant ouvrage collectif paru récemment, qui décrit les milles et une facettes de la vie de la Rue de la République : « Marseille, entre ville et ports - les destins de la Rue de la République », sous la direction de Pierre Fournier et Sylvie Mazella, editions La Découverte, 2004 (314 pages, 27 euros). Retour dans le texte

(2) Interview d’Eric Foillard, PDG de Marseille République, l’un des nouveaux gros propriétaires de la rue de la République (Journal 20 minutes – 23 février 2006). Retour dans le texte


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