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Conseil
municipal du 6 octobre 2003 :
Philippe Sanmarco
ZAC
Belsunce : non, non et non à un projet détestable
!
DIRECTION
GÉNÉRALE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT
- DIRECTION ÉTUDES ET AMÉNAGEMENT
PROJET CENTRE VILLE - ZAC de la Bourse - 1er arrondissement
- Quartier Belsunce - Approbation de la convention publique
d’aménagement de la ZAC de la Bourse attribuée
à Marseille Aménagement.
Monsieur
le Maire, j’interviendrai très rapidement sur
les rapports 20 et 21, ceux concernant la ZAC du Centre
Bourse. Ce dossier revient devant nous et je voudrais que
vous nous donniez acte que vous nous l’avez déjà
présenté au mois de février dernier
dans ses grandes lignes et que nous avions alors expliqué
de manière extrêmement circonstanciée
les raisons pour lesquelles nous nous y opposions. Et donc,
à ce jour, je souhaiterais ne pas avoir à
recommencer la démonstration que j’avais faite
à l’époque, et que vous nous donniez
acte que nous l’avions prononcée de manière
extrêmement explicite.
Nous maintenons donc les objections sur le fond mais, aujourd’hui,
je voudrais revenir sur la forme. Monsieur le Maire, il
y a une question de loyauté entre nous. Vous étiez
d’ailleurs témoin de ce que je vais dénoncer
lors du Conseil de Secteur, sur ce même dossier où
aujourd’hui on ne sait plus exactement qui défend
quoi. Je m’explique pour l’ensemble de nos collègues.
Il s’agit d’un projet que la Municipalité
a parfaitement le droit de mettre en avant. Mais aucun de
ses responsables n’en assume publiquement la responsabilité.
Aujourd’hui on ne sait donc pas exactement qui le
défend et nous entendons même le Maire de Secteur
et l’Adjoint au Centre-Ville dire : "Non,
ce que nous proposons, ce n’est pas cela, on verra
plus tard." Alors, je tiens à ce que les
choses soient claires. Vous ne pouvez vous contenter d’organiser
des concertations sur le thème bien vague : "il
faut améliorer les choses". Cela est sûr,
sur cet objectif, tout le monde est d’accord ! Mais
vous ne pouvez vous appuyer sur ce "soutien" pour
faire n’importe quoi !
Ayez donc le courage d’assumer le projet que vous
présentez. Je le résume : une formidable augmentation
des mètres carrés commerciaux du Centre Bourse
qui s’étalerait jusqu’à la limite
du cours Belsunce, recréant ainsi un espace bâti
le long du cours Belsunce de 19 mètres de haut, la
création d’une nouvelle dalle au-dessus de
cette construction nouvelle ensablant, en quelque sorte,
les tours qui se trouveraient recouvertes de béton
jusqu’au 3e ou 4e étage.
De la même manière, nous avons posé
des questions sur les espaces publics abandonnés.
Bien sûr qu’ils sont abandonnés ! Par
qui et pourquoi ? Bien sûr qu’il faut un aménagement
sur un équipement public ! Il est prévu depuis
des années. Pourquoi le responsable commercial ne
le réalise-t-il pas ? Nous avons également
parlé de votre projet sur le Jardin des Vestiges,
qui prévoit – je l’avais déjà
souligné – de l’enjamber par une passerelle
en béton qui, déjà pour un pauvre jardin
sous utilisé, va finir de le défigurer !
Bref, personne, ne défend aujourd’hui le cœur
de votre projet centré sur l’extension du Centre
Bourse et la création d’une barre à
19 mètres de haut sur le cours Belsunce. Or nous
n’avons pas inventé ce projet, il fait toujours
partie des documents que vous nous présentez aujourd’hui.
Au-delà de vos dénégations et de vos
propos rassurants, vous continuez de faire avancer ce projet
détestable.
Monsieur
le Maire, je crois qu’il faut à un moment donné
un peu de loyauté entre nous. Nous sommes contre
ce projet. Nous ne sommes pas pour le maintien de la situation
actuelle. Et je suis au regret de vous dire, à vous
qui vous prétendez n’agir qu’en concertation,
que lorsque des personnes concernées vous disent
qu’elles sont contre, alors vous ne les écoutez
pas. Par contre, vous écoutez – et sa présidente
est là, je le dis très tranquillement devant
elle sans risque d’être démenti –
un CIQ dans le bureau duquel figure le Directeur même
du Centre Commercial !
Je voudrais quand même que l’on revienne à
un peu de mesure, que chacun reste à sa place, et
que vous ne poussiez pas des personnes, qui s’expriment
de bonne foi, à recourir aux tribunaux pour défendre
leurs droits. Monsieur le Maire, vous dites sans arrêt
que lorsque vous faites quelque chose vous soulevez des
tollés. Mais n’y voyez pas nécessairement
l’égoïsme que vous dénoncez. Voyez-y
plutôt le signe de bonne santé civique de Marseillais
qui ne sont pas prêts à se laisser faire devant
ce qui n’est qu’une triste opération
commerciale.
Merci de votre attention.
Face au chaos urbain, il faut organiser
un vrai réseau de transports collectifs et d’équipements
complémentaires : parkings en périphérie,
desserte ferrée d’Aix Aubagne Marignane, tramway
en site propre, il faut une discipline citoyenne.
Monsieur
le Maire, mes chers collègues, permettez--moi en
quelques mots d’intervenir dans ce débat sur
l’extension du métro et la réalisation
de trois lignes de tram.
Vous savez que le souci majeur de la Convention Citoyenne
est le crédit à recouvrir auprès de
nos concitoyens, celui de la politique qui en a bien besoin.
Or, mesdames et messieurs, chers collègues, tous
nos concitoyens savent quelle est la situation budgétaire
de la France. Le ralentissement de la croissance économique
a fait gravement chuter les recettes fiscales de l’État.
Que nous ayons un gouvernement de droite ou un gouvernement
de gauche, c’eût été la même
chose. Alors, comme d’habitude, la gauche traditionnelle
vous accuse de ne plus pouvoir financer le métro
et le tram, et bien sûr vous allez répondre
que vous allez tout régler. Ces échanges entre
vous n’intéressent pas les Français.
La vérité, c’est que vous ne pourrez
pas financer ces investissements : la conjoncture nationale
et internationale l’interdit à notre gouvernement
désormais placé sous la surveillance de nos
partenaires européens.
Mais si nous voulons être cohérents avec ce
que nos concitoyens attendent de nous, il ne faut pas jouer
à ce jeu de ping-pong inutile. Ce qu’ils attendent
de nous, ce sont des réponses adaptées à
une situation qui est difficile. Si elle était facile,
on n’en parlerait pas aujourd’hui.
Ce retard dans l’échéancier de réalisations
de ces grands travaux, on nous l’annoncera dans quelques
mois, après les échéances électorales
naturellement. En attendant je souhaiterais que dans l’enceinte
de notre conseil municipal soit déjà évoquée
la solution qui doit permettre à nos concitoyens,
non pas de passer d’un extrême à l’autre,
d’une nouvelle illusion à une nouvelle déception,
mais de faire face à une situation qui s’impose
à tous. Je veux dire par là, Monsieur le Maire,
que si ce glissement de calendrier devait se produire, préparons-nous
à cette échéance. Et permettez-moi
de vous demander : est-ce si grave ? Je voudrais mettre
un peu les pieds dans le plat à cette occasion car,
tout à coup, on a fait de la réalisation du
tramway la baguette magique qui allait régler tous
les problèmes qui se passent dans cette ville, alors
que ce n’est qu’un outil.
Et
je souhaiterais à cette occasion développer
deux idées simples.
1
- si glissement de calendrier il y a,
alors utilisons cette période de manière positive
et améliorons le projet actuel : quelques propositions
et remarques à cet égard :
Premièrement, nous sommes un certain nombre à
être inquiets du déroulement du processus actuel,
tel qu’il se déroule. Il serait donc utile
de profiter d’un éventuel retard de calendrier
pour reprendre les choses en main. Je veux citer quelques
exemples. Bien sûr, il y a une concertation qui est
faite, du mieux que l’on peut et avec beaucoup de
bonne volonté et de dynamisme. Mais en même
temps, force est de constater que chaque fois que l’on
est revenu devant les citoyens, le projet qui était
présenté était différent du
projet précédent. On nous dit que c’est
justement parce que l’on tient compte de la concertation.
C’est là un petit jeu qui, à un moment
donné, doit s’arrêter puisque l’on
ne sait jamais de quoi on parle : chaque fois que l’on
va devant les citoyens, les documents qu’ils ont ne
sont jamais les bons.
Deuxièmement, Monsieur le Maire, dans cette inquiétude
je voudrais vous dire que nous parlons bien d’une
réalisation d’un transport collectif en site
propre. Et les mots ont un sens. Les financements d’État
sont en effet liés au caractère de réalisation
en site propre. Or, force est de constater que dans déjà
beaucoup d’endroits, devant la concertation, en reculant
par-ci par-là, de site propre pour le tram, il n’y
en a plus ! On est en train d’arriver à la
réalisation projetée d’un tramway qui
ressemble fort à ce que nous connaissons aujourd’hui,
c’est-à-dire le 68. Or, ces subventions de
l’État qui arriveront bien un jour –
et nous vous faisons confiance pour cela – ne seront
accordées que s’il y a bien une identité
et une protection du passage du tramway en site propre.
Malheureusement, comme je l’ai entendu dire dans une
réunion publique par les plus hauts responsables
du projet de tram, celui-ci sera en effet en site propre
mais "autant que faire se peut", ce qui veut dire
qu’il y aura un simple dénivelé de quelques
centimètres dont naturellement les 4x4 – ils
sont faits pour cela – et bien d’autres se moqueront
allégrement. Nous nous opposons absolument à
cette dérive, nous vous demandons de profiter du
retard aujourd’hui inévitable pour la corriger
et nous exigerons que le tram soit bien en site propre faute
de quoi nous utiliserons tous les moyens de droit pour empêcher
le versement des fonds publics qui seraient ainsi détournés
de leur objet : je vous le dis ici sereinement, il ne faudra
pas me le reprocher plus tard.
La troisième inquiétude que m’inspire
le déroulement actuel de ce projet a trait au problème
du stationnement des résidents du centre ville. En
effet, la réalisation du tram doit permettre de rendre
les trottoirs aux piétons, et c’est heureux.
Mais les résidents doivent en même temps avoir
accès à des parkings de proximité.
Or nous n’avançons pas sur ce point. À
chaque réunion de concertation, on nous dit que la
ville s’en préoccupe. Depuis le temps, on aurait
dû avoir des propositions concrètes ! D’autant
que dans le temps fleurissent les permis de construire qui
amputent les rares possibilités existantes et vont
accroître l’asphyxie déjà existante.
Enfin la dernière remarque que m’inspire le
projet actuel, c’est que l’on se projette dans
de belles infrastructures à venir et qu’en
attendant, on laisse le chaos s’aggraver, l’indiscipline
se généraliser, sur le thème "demain,
cela va aller mieux" ! En attendant, Monsieur le Maire,
dans cette ville, cela va de pire en pire et l’indiscipline
est reine !
Et permettez-moi de terminer cette première remarque
sur le fait que cela apparaît assez régulièrement
dans les propos assez sensés de M. Talazac qui nous
dit encore récemment, : "Mais on va préparer
la population puisque, d’ailleurs, la gestion des
chantiers va être tellement difficile que l’on
va mettre les personnes en situation de vivre ce qu’elles
vont vivre après, au point de vue restriction des
voies publiques, etc.". Permettez-moi de vous dire
que cette gestion va être tellement difficile que
vous allez créer dans cette ville une situation apocalyptique
et, moi, je ne crois pas à la thérapie du
chaos, surtout quand le malade est en si mauvais état.
2
-
Deuxième idée, Monsieur le Maire, fort de
cette inquiétude, je crois que si un peu de temps
nous est donné il faut l’utiliser pour reprendre
la main et s’attaquer aux deux causes des désordres
actuels et par rapport auxquelles le tramway n’est
qu’un outil. Ces deux causes sont l’indiscipline
généralisée et le fait que des dizaines
de milliers d’automobilistes non marseillais rentrent
et rentreront dans Marseille, même quand il y aura
le tramway : comment faire autrement puisque les seuls parkings
que vous leur offrez sont des parkings dans le centre-ville
qui les incitent à rentrer jusque-là.
Donc, je voudrais insister pour vous dire, si jamais glissement
de calendrier il y a : alors profitez-en, comme justement
vous l’indiquait votre Adjoint, M. Talazac, commencez
à faire fonctionner cette ville en l’état,
alors qu’aujourd’hui n’importe qui fait
n’importe quoi en toute impunité. Pourquoi
ne pas commencer à faire respecter les couloirs de
bus, à en augmenter la longueur, à protéger
les trottoirs, à faire en sorte que les piétons
soient respectés et les espaces publics non saccagés
?
Deuxièmement, Monsieur le Maire, en ce qui concerne
les automobilistes venant de l’extérieur de
Marseille qui y rentrent et en ressortent tous les jours
: tant que ce problème n’est pas réglé,
à l’intérieur de Marseille le chaos
régnera, avec ou sans tram. Pour ce problème-là,
il n’y a que deux solutions.
La première, la plus facile, la plus rapide, on peut
la réaliser en moins d’un an si l’on
en a vraiment la volonté : organisez de grands parkings
en périphérie et non pas dans le centre (aucun
dans le centre !), ouverts 365 jours par an, gardés
et dont l’utilisation serait facturée le prix
d’un ticket de connexion à la RTM.
La seconde implique d’agir vigoureusement sur le réseau
ferré qui nous relie à Aix, à Aubagne
et à Marignane. Nous sommes là sur un plus
long terme, mais la déclaration d’utilité
publique pour la liaison avec Aix a été signée
par M. Raffarin il y a quelques jours, et publiée
au Journal Officiel la semaine dernière. Le projet
arrêté est critiquable car il est très
loin de répondre aux besoins réels. Il est
donc extrêmement regrettable que ces dossiers ne soient
pas portés par votre municipalité avec autant
de vigueur que celui du tram. D’ailleurs des conflits
sont en train de naître à ce sujet au sein
de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole.
Les Maires prennent légitimement peur devant l’énormité
des chiffres qui sont cités pour les extensions du
métro et la réalisation du tram, alors même
que ni tramway ni le métro ne leur serviront jamais.
En
conclusion, profitons donc de ces difficultés budgétaires
de l’État et remettons de l’ordre dans
nos priorités. Sans attendre, faisons, nous Marseillais,
un effort qui n’a rien à voir avec la réalisation
d’infrastructures nouvelles extrêmement coûteuses,
l’effort de la discipline pour faire fonctionner nos
équipements tels qu’ils existent. Sans cet
effort, aucune réalisation, ni métro ni tram,
ne viendra améliorer les choses. On se sera payé
de mots et ce chaos brisera le développement bien
fragile de notre économie. Enfin, deuxième
priorité, faisons les efforts maximums sur la desserte
des communes périphériques pour éviter
ces mouvements pendulaires du matin et du soir. Et là,
je suis persuadé que les Maires des communes périphériques
nous soutiendraient. Ainsi, Monsieur le Maire, on profiterait
intelligemment d’une situation qui sinon va dégénérer
en polémiques inutiles et qui va surtout continuer
à générer plus que du discrédit,
du désintérêt pour le débat politique.
Merci, Monsieur le Maire, mes chers collègues, de
votre attention.
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