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Communauté
urbaine Marseille Provence Métropole
Commission permanente de travail et d'études, aménagement
de l’espace communautaire urbanisme
Séance du 16 juin 2004
DTA :
la priorité n’est pas le tramway marseillo-marseillais,
mais un vrai réseau métropolitain
URB
1-25 juin 1904 CC - Projet d'agglomération de
la Communauté Urbaine - Adoption
Philippe
Sanmarco.- Je voulais vous remercier de l’ensemble
de ce travail et de sa présentation.
Sur la question de la présence des élus, je
voudrais qu’il n’y ait pas de malentendus. Je
n’ai pas pu assister à certaines réunions
tout simplement parce que j’ai mon métier par
ailleurs. Ce n’est pas une marque de désintérêt.
En tous les cas, je demande que l’on m’excuse
quand je ne suis pas là et je remercie que l’on
me tienne informé. On me donne en effet un certain
nombre de documents qui me permettent de suivre ce qui se
passe. J'entends avec plaisir qu’il y a d'autres documents
plus détaillés sur lesquels on pourra travailler.
J'en prends acte et vous en remercie.
Globalement, indépendamment des contraintes de calendrier
que vous nous indiquez, qui sont extrêmement claires
et dont je ne vois pas comment on pourrait faire l'économie,
je trouve que c'est extrêmement intéressant.
Au-delà de thèmes que l’on peut retrouver
dans les documents qui circulent depuis des années,
c’est la première fois en effet que l’aspect
métropolitain apparaît dans un document issu
d’une structure élue. La remarque que je ferai
à ce degré, c’est que cela implique
également la Communauté du Pays d’Aix,
celle d’Aubagne, de l’Ouest Provence. C’est
certainement le plus important, mais cela ne se remarque
pas assez. Vous le remettez à la fin, mais c’est
presque connoté négativement. Faites attention
à la manière dont vous le dites en disant
que le Contrat d'Agglomération de MPM n’est
pas uniquement l'organisation des 18 communes. Il ne faudrait
pas tout à coup dire que ce n’est pas important.
Mais c’est vrai que l’on va vraiment traiter
des problèmes majeurs. Ces problèmes majeurs
ne pourront être traités de manière
crédible et en particulier vis-à-vis de l’État
que s’ils associent clairement au moins ces trois
communautés. Je crois que c'est un élément
qu’il faudrait encore renforcer et peut-être
sur un plan politique le valoriser. Franchement, c’est
parce que je l'ai lu entre les lignes que j’ai fini
par le trouver, sinon c’est l’exposé
oral qui nous le fait apparaître.
Deuxième remarque que je voulais faire, le danger
que notre espace ne se retrouve en bout de ligne, hors des
flux économiques d’avenir bout de ligne. C’est
très important. Il faut y revenir sans arrêt
car les logiques en cours en ce moment sont des logiques
qui vont nous mettre dans une situation qui n’est
même pas de bout de ligne. On risque d’être
exclu car la logique « naturelle »
est de ne pas passer par l’agglomération marseillaise
pour aller de Barcelone à Nice. Ne parlons pas de
Lyon à Turin ! Ce qui est en jeu là,
c’est une politique volontariste contre la logique
des choses. Ce sont des politiques sur lesquelles il va
falloir que l’on s’arc-boute extrêmement
fort.
Autre remarque sur cette histoire de sous-effectif d’emplois
supérieurs. Je ne sais pas comment il faut le dire,
c’est délicat politiquement à dire et
pourtant c’est central. Quand on voit par exemple
le problème des trois universités Aix Marseille
qui continue de ne jamais être réglé,
on enrage. Cet éparpillement universitaire est ridicule
et il pénalise durablement l’essor économique
de notre métropole. Même Claude Allègre
a dû renoncer devant le corporatisme des responsables
universitaires. C’est de la responsabilité
des politiques que de dire que ce scandale doit prendre
fin et de prendre si besoin est des mesures coercitives,
au lieu de financer à la petite semaine les équipements
des amis uns et des autres.
Deux dernières remarques. C’est un des thèmes
sur lesquels vous m’avez déjà entendu
et vous m’entendrez à nouveau. Quand on parle
de la question des déplacements, on voit bien :
« stationnement, contournement, pôles d’échanges,
structures institutionnelles métropolitaines ».
C’est fondamental. Tant que l’on n’a pas
cela, on bricole. Je me permets d’insister. Quand
on se confronte à l'intérieur de MPM aux problèmes
financiers que va nous poser le tramway, avec ce document
de DTA on a une solution. On voit bien que si l’on
regarde les choses à l’échelle métropolitaine,
il apparaît évident que la priorité
n’est pas le tramway marseillo-marseillais. La priorité,
c’est une liaison en site propre entre Marseille et
Aix, Aubagne, et l’étang de Berre, en particulier
l’aéroport de Marignane. Comme les financements,
globalement, ne seront pas en augmentation, si tant est
qu’ils ne soient pas en régression, ce document
de DTA va peut-être nous permettre de remettre les
choses en perspective et en calendrier. Les projets actuels
de la SNCF sont sur ces enjeux majeurs, soit inexistants,
soit d’une timidité incompréhensible.
Mais quels sont les élus qui s’en préoccupent
vraiment ? Aucun. Chacun s’abrite derrière
son voisin, laissant le Préfet porter seul cette
exigence. Aucun des budgets d’aucune des collectivités
de notre métropole ne fait apparaître cette
priorité. Chacun continue de s’occuper de sa
commune, sans vision communautaire. Pourtant on imagine
le poids politique qu’aurait une ferme volonté
associant les responsables des trois communautés
urbaines concernées !
Dernière remarque sur l'histoire du Plan Local de
l’Habitat. J’ai apprécié la manière
dont vous avez fait un glissement « artistique ».
Je ne sais pas ce que vous avez compris, mais pour ma part
j’ai compris que le PLH n’était pas pour
maintenant mais peut être pour l'année prochaine.
Comme je suis également les questions de la Commission
Habitat, je crois qu’il va y avoir là quelques
frottements, je parle pour les élus, sur le glissement
sémantique que cela génère. En clair :
alors que le document de DTA pose bien les problèmes,
nous savons qu’il y a un blocage politique sur ce
dossier pourtant essentiel pour des milliers de nos concitoyens.
Nous aurons l’occasion d’en reparler.
Merci de votre attention.
M. COUDRET.- Sur
le PLH, vous savez qu’une délibération
du Conseil de Communauté de juin 2003 a engagé
la procédure de PLH. Dans ce cadre, l’État
a trois mois pour porter à connaissance de la Communauté
Urbaine la position de l’État qui enclenche
le dispositif. Cela fait un moment puisque l’on n’a
toujours pas officiellement la position de l’État.
Dans le cadre des discussions ouvertes avec l’État,
c’est un des premiers éléments que l’on
a fait observer. Le Préfet nous avait promis pour
le 15 juin le porter à connaissance de l’État.
C’est important sur la première phase qui est
celle du diagnostic. Si, dans une période où
l’État – c’est le projet de loi
de décentralisation – nous confie sa compétence
logement pour autant que nous ayons un PLH déjà
adopté ou en cours, on établit le PLH indépendamment
des objectifs que l’État souhaite voir dans
le PLH, cela revient à faire un exercice à
blanc.
Là, on engage, indépendamment du fait que
l’on n’ait pas encore la position de l'État,
des rencontres avec chacune des 18 communes de telle manière
que l’on puisse entendre ce que souhaite chacun des
Maires en termes de projet urbain et ses conséquences
sur l'habitat, commune par commune, l’objectif étant
d’arrêter le diagnostic en termes de PLH pour
la fin de l'année. On espère que d'ici la
fin de l'année, l’État aura donné
son positionnement. Généralement, les délais
légaux du PLH, vu les consultations à faire,
sont de 22 mois. Si on peut arrêter un PLH fin 2005,
ce serait bien.
M. BONINO.- Indépendamment de la
procédure PLH qui a sa propre méthodologie,
des procédures de révision sont engagées.
Il faut savoir qu'à ce jour, nous avons 10 procédures
de révision des PLU et dans ce cadre, nous en sommes
à des phases diagnostic pour 7 d'entre elles, nous
en sommes aux orientations du PADD sur la huitième
et les deux autres sont engagées maintenant.
Indépendamment du porter à connaissance de
l’État dans le PLH, nous avons déjà
emmagasiné sur le territoire au moins dans 8 communes
un certain nombre d’informations au travers du diagnostic
réalisé par les maîtres d’œuvre
missionnés dans cette démarche. Il nous appartient
de faire le va-et-vient entre le PLH communautaire et sa
traduction communale. Pour l’instant, sans avoir le
porter à connaissance de l’État, nous
avons tout de même travaillé sur l’aspect
contenu. Je ne dis pas que l’on a un prédiagnostic,
mais des éléments d’analyse du territoire
en nombre important pour 8 des 18 communes.
Jean-Claude Gaudin - Merci de vos remarques.
Je crois que le fait fondamental pour nous tous qui avons
vécu depuis longtemps l’évolution des
choses et ce que l’on a appelé trop souvent
le système marseillo-marseillais, consiste à
être sur une autre dimension. Il faut peut-être
le faire savoir plus. Aujourd’hui, 10 agences d’urbanisme
travaillent ensemble. Il existe également une charte
etc. Donc ce projet d'agglomération a un chapeau
commun avec les deux Communautés d’Aix et d’Aubagne,
Ouest Provence étant en cours. Mais les choses avancent.
À travers les Conseils de Développement, un
projet pour les déplacements a été
choisi d’un commun accord par toute la société
civile comme le fait fondamental. Et pour le grand sujet
dont vous avez parlé tout à l’heure,
il semblerait que se dessine aussi une volonté commune
écrite et partagée sur la LGV pour considérer
qu’Aix Marseille Aubagne Toulon sont dans une même
problématique, un système métropolitain
commun qui doit se défendre.
Je crois que c’est fondamental. Que ce soit l’accessibilité
interne ou la grande accessibilité, vous avez parfaitement
raison, la logique de bout de ligne est catastrophique.
Il y a vraiment un problème entre l’axe Lyon/Marseille
et l'axe Barcelone/Gênes/Turin. Hier soir, j’ai
lu la DTA de Lyon (je vais écrire parce que j'ai
sursauté) qui comporte deux sujets majeurs :
ils affirment, et l'État avec, que le HUB aéroportuaire
du grand sud-est est Saint Exupéry. Ce n’est
pas possible parce que lorsque vous avez une métropole,
elle peut travailler en réseau, mais elle ne peut
pas ne pas avoir de liaison internationale, mais ils jouent
du fait qu’ils sont raccordés au réseau
TGV. Je rappelle le passé et la bataille perdue pour
brancher Marignane sur la LGV. Vous vous en rappelez parfaitement
bien puisque nous avons fait partie des gens qui étaient
intervenus à ce moment-là.
La LGV PACA est quelque chose d'essentiel pour nous réunir
sur notre projet d'agglomération qui est devenu un
projet de dimension différente. Cela doit être
placé à cette dimension et vous faites bien
de le remarquer. Je demande que l’on renforce cette
idée dans le document.
Un autre sujet m’interpelle, c’est celui des
déplacements que l’on évoque à
juste titre en disant qu’il y a un grand projet à
l’intérieur de Marseille, ville centre et autour,
des projets qui n’ont pas l’air de prendre de
consistance. Or, si on veut régler le problème
de Marseille, il faut les deux. Si vous n’avez pas
de réseau express métropolitain entre Aubagne,
Marseille et même vers l’Ouest Provence, (Marseille/Aubagne
est mieux desservi que Marseille/Aix), cela ne fonctionne
pas. Certaines choses relèvent de la compétence
de Marseille et de la CUMPM et d’autres qui dépendent
du Département, de la Région, de l’État.
Il faudrait que l’on soit d’accord et que l’on
se batte ensemble, que la Région, le Département
et les 4 Communautés se mettent autour de la table.
Ce que j’avais entendu dans l’hémicycle
sur ce sujet me contrarie beaucoup parce que c’est
celui qui doit intervenir comme chef de file sur ce projet
qui dit que ce n’est pas fait mais ne le fait pas
lui-même. Il faut être logique !
Cela m’insupporte parce que cela fait 30 ou 40 ans
que cela dure. Il faut que cela cesse et que tout le monde
considère qu’il s’agit d’un sujet
prioritaire.
Le grand plan pour Marseille est aussi indispensable, il
est sous notre responsabilité, il faut le phaser
parce qu’on ne peut pas tout faire à la fois.
La logique voudrait qu’une partie des choses soit
faite de l'extérieur et l'autre partie de l'intérieur
et que les deux parties finissent par ce grand plan qui
est donné sur l’aire métropolitaine.
Ce sont des sujets majeurs et passionnants. Merci de vos
remarques. Si l’on s’y met tous, cela avancera.
Si on n’est pas assez convaincant, il faut nous aider.
M.
COUDRET.- Je
voudrais simplement vous lire quatre lignes d’un communiqué
qui est paru dans la presse lyonnaise le 11 mai dernier :
« Dans la perspective du CIADT de juin prochain,
la Communauté Urbaine de Lyon (55 communes, 1.2 millions
d’habitants) s’engage dans un contrat métropolitain,
concept récemment développé par le
délégué à la DATAR, Nicolas
JACQUET. Le Grand Lyon entend promouvoir deux dossiers jugés
essentiels pour le rayonnement international et l’attractivité
économique de l’agglomération :
l'aéroport de Lyon Saint Exupéry, dont il
s’agit de réaffirmer le rôle de plateforme
multimodale de trafic international avec l’ambition
d’en faire la deuxième entrée aéroportuaire
de France à l’horizon 2020 et la mise en œuvre
de la liaison ferroviaire transalpine Lyon Turin. Le Grand
Lyon profitera aussi du CIADT pour défendre le maintien
dans la ville de la seule unité française
de l’OMS dont le contrat court jusqu’au printemps
2005 et qui est menacée de délocalisation
à Genève. »
On est sur du concret. L’histoire n’attend pas,
elle est en marche. Il y a une étape qui est le projet
d'agglomération mais au-delà de ça,
il y a une anticipation sur cette future génération
de contrat métropolitain.
M. ESSAYAN.- Sur la DTA de Lyon je lis :
« Favoriser le développement de l’aéroport
Lyon Saint Exupéry afin de conforter son rôle
de plateforme de trafic international pour le Grand Sud-Est. »
Il est vrai que Marseille actuellement attire souci. Partout
où l’on veut aller dans le monde, il faut nécessairement
transiter par Paris. Je fais un ou deux grands voyages par
an et l'ennui est que chaque fois il faut transiter par
Paris. Est-ce que l’on ne va pas bientôt transiter
par Lyon ? Au départ de Marseille, il n’y
a pas de départ à l’international. Il
y a quelques années, il y avait des vols pour New
York. Maintenant, en dehors du Maghreb, il n’y a plus
grand-chose. Et quand on voit le TGV aujourd’hui,
on a presque plus envie de prendre le train.
Jean-Claude Gaudin - Sur ce sujet et pour
le clore, je vous signale que l'autre position, celle de
Marseille, de MPM et de la Chambre de Commerce, consiste
à dire que les aéroports de Lyon, Marseille
et Nice doivent être en réseau. Cela doit constituer
le 3e HUB français. C’est pour cela qu'il est
très important de faire notre ligne TGV pour que
ces aéroports soient à une heure les uns des
autres et puissent travailler ensemble afin qu’il
n’y ait pas qu’un seul système pour les
métropoles du Sud. C’est une bataille de la
logique qui doit être menée.
Je vais faire une demande sur la rédaction du document
comme on l’avait fait pour la DTA. Je souhaite que
l’on parle de notre projet de voir Marseille comme
une métropole internationale en 2020. Elle a vocation
à être l'europôle du Sud. Si vous en
êtes d’accord, nous faisons changer cela.
M. COUDRET.- Ce que je vous ai présenté
n’est pas le document que vous avez reçu mais
un power point. Dans le document, cela apparaît clairement
et il est vrai que dans la présentation, nous survolons
plus cet aspect.
Jean-Claude Gaudin - Nous devons maintenant
émettre un avis.
Il s’agit donc bien du Projet d’agglomération
– Adoption.
AVIS FAVORABLE A LA MAJORITÉ
(Réserve de vote du Groupe Communistes et Partenaires).
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