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Conseil d’administration de Marseille Aménagement du 28 mai 2009
Intervention de Philippe Sanmarco.

« N’étant pas schizophrène je ne présiderai pas une société qui ne traduit pas les engagements que j’ai pris devant les électeurs »

Lors du Conseil d’administration de décembre 2008, je me suis expliqué sur ce qui, de mon point de vue, n’allait pas dans le fonctionnement de la société.
Depuis lors certains ont tenté de ne voir dans mes propos que l’expression d’un conflit de personnes. Et finalement on a vu s’élaborer l’idée de l’abus d’autorité d’un président caractériel faisant du directeur général une pauvre victime innocente.
Cette vision minimaliste du problème posé permet de ne pas y répondre.

Alors je confirme que si je n’ai jamais eu l’« ambition » d’être directeur général, je me suis toujours situé uniquement dans le rôle légal du président dont je rappelle qu’il porte les orientations stratégiques définies en conseil et qu’il veille à leur application. J’ajoute seulement que le président doit également veiller à l’information de tous les administrateurs, élément essentiel à l’exigence globale de transparence.

La question n’est donc jamais de savoir qui a autorité sur quoi et de gloser à l’infini sur ce qui ne peut déboucher que sur des procès sans fin, mais elle est de savoir si les orientations stratégiques sont bien respectées.
Prenons un exemple simple, celui de la communication et des relations avec la presse. Loin d’une bataille de polochon pour savoir de qui cela relève, la seule chose qui compte est de savoir si le contenu qui est ainsi diffusé est conforme aux orientations retenues.
Alors mes chers collègues je vous le demande : comment devrai-je réagir lorsque, ouvrant un jour mon courrier, je découvre la « lettre de Marseille Aménagement » (voyez au passage l’autorité abusive qui est la mienne), et que je vois que 3 pages sur 4 sont consacrées à un éloge de ce qui a été fait dans le centre de Marseille, sujet précisément sur lequel j’incarne une volonté de changement !
Depuis 15 ans je n’ai cessé de dénoncer les dérives de cette opération. Monsieur le Maire, nous nous sommes affrontés à de multiples reprises sur ce sujet. Petit à petit vous avez convenu que le résultat était insatisfaisant. Et finalement à l’occasion des dernières élections municipales nous avons trouvé les bases d’un compromis positif permettant d’aller de l’avant sans revenir sur les différents passés.
C’est un fait politique suffisamment important pour qu’il n’ait échappé à personne ici. C’était même intéressant pour nos concitoyens de voir des gens de droite et de gauche essayer ensemble et publiquement d’aborder une question difficile sans que les jeux d’affrontements ne stérilisent toute action possible.
Mes chers collègues, il s’agit bien là de ma part d’une exigence de respect des contenus et certainement pas d’un abus d’autorité.

Ce changement que ma présence à la présidence de cette société incarnait clairement je n’ai pu le traduire ni globalement ni opération par opération. La vérité est que tout ce qui s’est fait dans le passé ne supporte pas la moindre critique assimilée immédiatement à une attaque personnelle sur l’honnêteté des personnes. Et que rien de ce qui ne s’est pas fait dans le passé ne doit se faire dans l’avenir.
Quel mépris pour les administrateurs !

Alors comme je maintiens l’intégralité de mes analyses et de mes convictions, et n’ayant pas vocation à mener une guerre d’usure ni à jouer le rôle d’imprécateur, il est inutile pour moi de continuer dans ces conditions.
N’étant pas schizophrène je ne présiderai pas une société qui ne traduit pas les engagements que j’ai pris devant les électeurs.
Et n’étant pas déloyal, je n’utiliserai pas une fonction, le mot est trop fort vu le vide de celle-ci, parlons plutôt de titre, contre une majorité qui me l’a confié.
Ceux qui se sont abrités derrière la thèse du conflit de personne sont désormais à découvert. Je ne serai pas l’arbre qui cache la forêt des problèmes qui demeurent en l’état. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

En attendant je vais donc rester administrateur.
Chacun comprendra que je ne cautionnerai rien de ce que j’ai dénoncé. Par contre je resterai exigeant sur le fait d’être informé selon mes droits statutaires faute de quoi j’utiliserai toutes les voies de droit.

Voilà mes chers collègues : Marseille Aménagement est l’outil de deux collectivités associées à divers partenaires. Ces collectivités tiennent leur légitimité du suffrage universel. C’est donc bien une responsabilité politique qui est ainsi engagée. Et personnellement c’est bien ainsi que j’agis, en responsable politique.
Oui, j’appartiens à une majorité constituée devant les électeurs sur des contenus.
Non, cela ne crée pour moi je ne sais quelle obligation de me taire.
Bien au contraire cela devrait me donner l’assurance de bénéficier d’une écoute positive et féconde.

Le débat continuera. Peu semble-t-il au sein de notre conseil, ce qui est dommage et anormal.
Il continuera donc dans les instances politiques. Et de toute façon devant les électeurs.

Je vous remercie de votre attention.

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